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Le Liban bientôt plongé dans le noir (compagnie d'électricité)

30/07/2012 03:30 EDT | Actualisé 29/09/2012 05:12 EDT

Electricité du Liban (EDL) a annoncé lundi que le pays serait totalement privé de courant en raison d'un litige qui oppose la compagnie publique à des employés journaliers réclamant leur titularisation.

Cette annonce inédite intervient alors que les Libanais souffrent depuis de longues années de pénuries de courant pour plusieurs raisons, notamment le manque d'investissement et le "vol" d'électricité.

"La compagnie se voit obligée de fermer ses portes" à cause de l'"occupation de son siège principal par des employés journaliers", a indiqué EDL.

"Cette décision entraînera une coupure totale de l'électricité dans tout le territoire libanais d'ici à quelques heures", a annoncé un communiqué d'EDL publié dans l'après-midi, appelant les Libanais, dont la majorité disposent déjà de générateurs, à prendre les "mesures de précaution nécessaires".

En soirée, certaines régions étaient privées de courant au-delà des heures de rationnement habituelles, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les journaliers grévistes avaient plus tôt appelé à la fermeture de tous les établissements affiliés à EDL à travers le Liban et, selon les employés permanents de la compagnie, bloquaient toutes les entrées du siège principal.

Ils ont rejeté les affirmations d'EDL, qui assure que la grève est menée par les seuls journaliers chargés de la distribution et de la collecte des factures, alors que ceux des centrales "continuent de travailler normalement".

Ces travailleurs réclament depuis des années d'être titularisés et observent un sit-in depuis des semaines. Les factures n'ont pas été collectées depuis au moins trois mois.

EDL a prévenu que sa décision de fermer ses portes resterait en vigueur juusqu'à la fin de la grève des journaliers qui de leur côté refusent de céder.

Dans un pays où coexistent plusieurs communautés musulmanes et chrétiennes, le litige a pris une dimension religieuse: les journaliers étant en majorité chiites des députés chrétiens se sont opposés à un projet de loi voté en juillet préconisant leur titularisation, invoquant un déséquilibre confessionnel.

Après la guerre civile (1975-1990), plusieurs plans avaient été proposés pour remédier au déficit d'EDL qui représente 3% du Produit intérieur brut (PIB), en vain.

Hormis le manque d'investissements, de nombreuses zones sont le théâtre de "vol" d'électricité et les attaques contre les percepteurs sont monnaie courante.

ram/sbh

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