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Le gouvernement israélien approuve un plan d'austérité (Premier ministre)

30/07/2012 11:39 EDT | Actualisé 29/09/2012 05:12 EDT

Le gouvernement israélien a approuvé lundi une série de mesures d'austérité essentielles, selon lui, pour réduire le déficit budgétaire et protéger Israël de la crise économique mondiale, a annoncé le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Le gouvernement a approuvé il y a peu de temps des mesures pour réduire le déficit et faire face aux effets de la crise économique mondiale sur l'économie israélienne", a-t-il indiqué dans un communiqué, après plus de sept heures de débat.

"C'est une décision responsable qui va préserver l'économie d'Israël et les emplois de ses citoyens", a affirmé M. Netanyahu, cité par le communiqué.

Parmi les mesures approuvées pour limiter le déficit budgétaire figurent une augmentation immédiate d'un point du taux de la TVA à 17%, ainsi qu'une hausse l'an prochain de 1% de l'impôt pour les particuliers dont le revenu mensuel est situé entre 8.881 et 41.830 shekels (2.220 et 10.457 dollars). Une taxe spéciale de 2% sera prélevée sur les revenus de plus 67.000 shekels (16.750 dollars).

Des coupes de 750 millions de shekels (187 millions de dollars) dans les crédits des différents ministères, à l'exception de la Défense, de l'Education, des Affaires sociales et de l'Intégration des nouveaux immigrants, sont également prévues. L'an prochain, une coupe supplémentaire de 3% va également intervenir.

Selon le communiqué, 20 ministres ont approuvé ce plan et neuf s'y sont opposés, dont le ministre de la Défense Ehud Barak et trois autres ministres de son parti, Atzmaout (Indépendance).

"En ces temps de récession globale, le premier devoir du gouvernement est d'empêcher que le tissu social se déchire. Nous parlons de gens qui travaillent dur dans de petites et moyennes entreprises, de gens qui portent le pays sur leurs épaules", a ensuite expliqué M. Barak aux journalistes.

Ces mesures risquent en effet de raviver la colère de beaucoup d'Israéliens qui manifestent régulièrement contre la cherté de la vie. L'été dernier, ces manifestations avaient rassemblé des centaines de milliers de personnes.

Les mesures arrêtées par le gouvernement visent à combler un déficit budgétaire de 28 milliards de shekels (5,6 milliards d'euros), soit près de 4% du PNB, deux fois plus élevé que prévu pour 2012.

La semaine dernière, dans un premier temps, le gouvernement avait augmenté les taxes sur la bière et le tabac, en vue de faire rapidement entrer dans les caisses du Trésor 1 milliard de shekels (210 million euros).

Ces mesures devraient se traduire en moyenne pour chaque ménage par un surcroît de charges fiscales annuelles d'environ 1.740 shekels (347 euros).

"Il s'agit de mesures cruciales, si nous voulons nous épargner la situation catastrophique que vivent par exemple la Grèce et l'Espagne", a plaidé le ministre des Finances Youval Steinitz, avant le vote du gouvernement.

"Si, Dieu nous en préserve, notre crédibilité devait être revue à la baisse et que nous fussions plongés dans la crise, il n'y aurait pas de Ben Bernanke ou de Mario Draghi pour nous venir en aide et nous verser des centaines de millions de dollars comme ils l'ont fait pour la Grèce et l'Espagne", a-t-il ajouté en référence aux présidents respectifs de la US Federal Reserve et de la Banque centrale européenne.

Les principales agences internationales de notation ont jusqu'ici donné un satisfecit à la bonne santé de l'économie israélienne, mais les dirigeants israéliens s'inquiètent d'une éventuelle baisse de la crédibilité de leur pays.

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