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La CIBC croit qu'Ottawa devrait dépenser pour éviter une nouvelle récesssion

30/07/2012 11:51 EDT | Actualisé 29/09/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Des données attendues mardi devraient témoigner d'une performance solide de l'économie canadienne en mai, même si d'autres signes permettent de croire que des jours sombres se profilent à l'horizon.

Mais même si l'économie canadienne résiste jusqu'à présent plutôt bien à la tourmente mondiale, les données sur le produit intérieur brut (PIB) qui seront publiées par Statistique Canada ne devraient pas faire changer d'avis plusieurs économistes qui craignent le pire.

Les analystes anticipent une croissance de 0,2 pour cent en mai, ou peut-être de 0,3 pour cent, une performance aussi solide que les meilleurs résultats mensuels enregistrés depuis juillet dernier.

L'économiste en chef de la banque CIBC (TSX:CM), Avery Shenfeld, croit toutefois que la performance de mai ne sera pas répétée en juin — ou au cours des mois suivants — en raison de la faiblesse de l'économie mondiale et surtout en Europe.

«Alors que l'Europe est empêtrée dans une récession et que l'économie des États-Unis continue à décevoir, les marchés demeurent concentrés sur les risques de recul (...) à un point tel que depuis quelques semaines, une faible réduction des taux d'intérêt est incluse dans la courbe des taux du Canada», écrit-il dans un nouveau rapport intitulé «Canada's Plan B».

Les nuages sombres qui s'accumulent à l'horizon lui paraissent si menaçants que M. Shenfeld recommande aux gouvernements canadiens, et surtout à Ottawa, de commencer à envisager un plan d'urgence — un plan B — si jamais la planète devait plonger dans une deuxième récession.

L'économiste, qui n'anticipe pas de récession pour l'instant, croit que la réponse du Canada à une nouvelle crise ne devrait pas être de voir la Banque du Canada abaisser de nouveau les taux d'intérêt. Une telle mesure viendrait stimuler encore davantage un marché immobilier déjà surchauffé et inciterait les ménages à s'endetter encore plus lourdement.

M. Shenfeld recommande plutôt au gouvernement fédéral d'emprunter de l'argent pour y aller de nouvelles dépenses de relance de l'économie, par exemple en finançant de nouvelles infrastructures comme des routes et des projets énergétiques qui profiteront à l'économie à long terme.

Ottawa est bien placé pour se lancer dans de nouveaux projets puisque sa santé financière est solide et qu'il lui serait possible d'emprunter à faible taux. Une telle mesure pourrait même permettre au gouvernement de s'enrichir.

«Les taux d'intérêt sur dix ans sont sous les 2 pour cent, et si on tient compte de l'inflation, l'économie pourrait générer une croissance à long terme de 4 pour cent, a-t-il expliqué. Donc, si on stimule l'activité économique en construisant des choses dont l'économie a besoin, les futures recettes fiscales pourraient rembourser l'intérêt.»

M. Shenfeld ne suggère pas au gouvernement canadien d'adopter de telles mesures immédiatement, mais il croit que cela sera approprié aux États-Unis.

L'économiste en chef adjoint de la Banque de Montréal (TSX:BMO), Doug Porter, estime lui aussi que le gouvernement fédéral ne devrait pas se lancer trop hâtivement dans de tels projets, mais compte tenu du temps qu'il faut pour mettre en place des projets d'infrastructure importants, il juge qu'il serait pertinent de développer des plans d'urgence.

«Je crois que plusieurs économistes ont changé d'idée à la fin de l'an dernier ou au début de cette année, a-t-il dit. Plusieurs ont commencé à s'inquiéter du moyen terme quand ils ont compris que l'Europe en a pour des années à se remettre sur pied et qu'on ne doit pas attendre de croissance robuste de la part des États-Unis.»

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