NOUVELLES

Justice et régionalisations, réformes prioritaires au Maroc (Mohamed VI)

30/07/2012 10:48 EDT | Actualisé 29/09/2012 05:12 EDT

Le roi Mohammed VI a appelé lundi à une réforme de la justice et à l'instauration de la "régionalisation", qualifiées de "priorités" dans un discours à la nation à l'occasion du 13ème anniversaire de son intronisation.

Le Maroc doit par ailleurs demeurer "un modèle d'attachement à l'Islam sunnite prônant le juste milieu et la tolérance et proscrivant l'extrémisme, le fanatisme et l'ostracisme", a-t-il insisté, huit mois après la victoire d'un parti islamiste aux législatives dans la foulée du Printemps arabe.

Depuis, le gouvernement est dirigé par un Premier ministre issu de ce parti, le Parti de la Justice et du Développement (PJD).

"La justice, la régionalisation et la gouvernance territoriale figurent en tête de nos priorités", a déclaré le souverain.

Le roi a lancé au printemps un vaste chantier pour réformer la justice gangrenée par la corruption et très critiquée dans le pays.

"Etant donné que la nouvelle Constitution", adoptée il y a un an, "place la réforme de la justice au coeur de son dispositif, les conditions sont désormais réunies pour assurer le succès de ce grand chantier", a-t-il dit, appelant la Commission en charge de cette réforme à travailler "en toute indépendance".

A propos de la régionalisation que le royaume veut instaurer dans le cadre d'un vaste projet de décentralisation, le souverain a estimé qu'elle constituait un "chantier majeur" qui permettra à l'administration "de se redéployer (et) et de répondre au mieux aux besoins des services".

Initiée par Mohammed VI, le Maroc s'est doté en juillet 2011 d'une Constitution révisée, approuvée par référendum, qui accorde plus de pouvoirs au gouvernement et au Parlement, et s'engage sur la voie de réformes démocratiques.

Alors que se prépare pour octobre un sommet de l'Union du Maghreb arabe (UMA, Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie), le roi a souhaité que cet ensemble régional sorte de son "immobilisme".

Créée en 1989, l'UMA est en panne depuis 1994 quand l'Algérie a décidé de fermer sa frontière terrestre avec le Maroc, qui avait accusé les services de sécurité d'être à l'origine d'un attentat meurtrier dans un hôtel de Marrakech.

Autre point de crispation entre les deux voisins: l'ancienne colonie espagnole du Sahara occidental annexée en 1975 par le Maroc mais dont le Front Polisario, soutenu par l'Algérie, demande l'indépendance via un référendum.

Le roi a réaffirmé la détermination de son pays "à trouver une solution définitive" à ce conflit "sur la base de la proposition marocaine d'autonomie (...) dans le cadre de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Maroc".

Par ailleurs, Mohammed VI a souhaité le raffermissement de la coopération avec l'Union européenne, principal partenaire économique du royaume, et notamment l'Espagne qui affronte une crise économique sans précédent.

Le Commission européenne a annoncé lundi avoir adopté un programme d'action 2012 en faveur du royaume d'un montant total de 112 millions d'euros, selon l'agence d'information officielle MAP.

Ce programme vise à soutenir les efforts de réforme du gouvernement marocain en matière de gestion des finances, de l'administration publique ainsi que de la protection de la forêt.

mc/hm/ao/cco

PLUS:afp