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JO-2012: Jeux vus d'ailleurs: la Thaïlande derrière son espoir du badminton

30/07/2012 04:50 EDT | Actualisé 28/09/2012 05:12 EDT

Chaque coup gagnant de Ratchanok Intanon déchaîne les cris de joie des élèves de son école de badminton de Bangkok et la fierté de sa mère, femme de ménage dans l'établissement, émue de voir la joueuse de 17 ans participer à ses premiers jeux Olympiques.

Loin du centre de la bouillonnante capitale thaïlandaise, les proches de la triple championne du monde junior de badminton se sont rassemblés dimanche à l'école Banthongyord pour regarder à la télévision son premier match sur les terrains londoniens.

"Je n'avais jamais imaginé qu'elle participerait à cette compétition", raconte Kampan, sa mère, qui travaille depuis plus de 20 ans dans cette école dédiée à ce sport populaire dans le pays.

"Je suis tellement fière d'elle. Mais quoi qu'il se passe, elle reviendra ici pour être avec sa famille. Elle est encore si jeune", ajoute-t-elle, portant un T-shirt floqué du nom de sa fille.

La Thaïlande n'a pas beaucoup de sportifs de premier ordre aux Jeux, mais Ratchanok, neuvième mondiale, représente une chance de médaille.

La joueuse, timide et modeste -qualités hautement appréciées dans la culture thaïlandaise-, a déjà remporté tous les honneurs nationaux et internationaux chez les juniors. Et ses proches sont convaincus qu'elle est désormais prête à aller plus haut.

"Ses chances de médailles, c'est 50-50", estime le directeur de l'école Kamala Tongkorn. "Il y a une Allemande forte et une Chinoise dans son tableau (...). Si elle les bat, elle peut avoir l'or", espère-t-il.

Mais dans tous les cas "nous sommes très fiers d'elle (...) elle sait comment s'entraîner et prendre soin d'elle, il n'y a rien d'autre que je puisse lui apprendre", poursuit-il.

Dimanche, elle a battu sa première adversaire, la Sri Lankaise Thilini Jayasinghe (21-13, 21-5). A la plus grande joie de son petit frère Ratchaporn, surnommé "Man U", équipe favorite de son père.

"Je suis tellement heureux, lance le petit garçon au sourire édenté. J'espère qu'elle me ramènera une médaille".

Si c'est le cas, la joueuse aux origines modestes, dont les parents ont quitté très jeunes le nord-est pauvre de la Thaïlande, le devra en grande partie à l'école Banthongyord, où elle vit pratiquement depuis sa naissance et s'entraîne gratuitement depuis des années.

Sa famille s'y était installée lorsque Ratchanok n'avait que deux mois. Et pendant que ses parents travaillaient, la future championne frappait ses premiers volants, dès l'âge de six ans.

Plus de dix ans plus tard, elle dort toujours dans un lit superposé dans un dortoir, avec plusieurs autres filles.

Ses trophées et les coupures de presse de ses exploits décorent désormais les murs de la réception, qui sert aussi de cantine. Et ses camarades tentent de lui apporter leur soutien, même de loin.

Faisant des étirements après une séance d'entraînement, Karnjanavadee Bunsomboon explique qu'elle envoie sans arrêt des sms à son amie, pour qu'elle ne se sente pas trop seule à Londres.

L'adolescente de 16 ans espère aussi que l'école profitera d'un succès éventuel de Ratchanok.

"Beaucoup d'étrangers vont venir. Ils pourront jouer au badminton et nous pourrons pratiquer notre anglais", lance-t-elle en riant.

apv/apj/abd/heg

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