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JO-2012 - L'objet du jour: le barreur en aviron, la voix de son 18 mètres

30/07/2012 06:22 EDT | Actualisé 29/09/2012 05:12 EDT

Le barreur n'est pas un hôte pour une balade en aviron de 2000 m sur l'eau, mais le gardien des consignes données à terre par l'entraîneur, qu'il transmet de la voix aux rameurs du huit de pointe, seule épreuve où il a encore sa place au programme olympique.

"Il doit savoir le travail fait à l'entraînement, les techniques, les règles, connaître l'équipage sur le bout des ongles, savoir comment titiller les rameurs, les calmer, les bousculer, leur demander le meilleur... et prendre des initiatives", explique à l'AFP Christophe Lattaignant, finaliste olympique avec le huit en 2004 et triple champion du monde.

Sa courte taille et son poids (pas plus de 55 kg chez les hommes et 50 kg chez les dames) caractérisent le personnage. Dont le rôle premier, en tenant une petite barre de 2 cm de large pour 4 de haut, est de faire aller le plus droit possible une embarcation de 18 m qui, une fois chargée de son équipage "avoisine la tonne et atteint une vitesse de 25 km/h en dix secondes".

"L'outil essentiel, c'est vraiment la voix, souligne l'ex-international. Qui demande d'aller plus vite, qui calme, dont l'intonation varie. J'aime à dire que je manie le fouet et la rose, agressif puis apaisé".

Le barreur doit donc trouver les mots justes pour motiver ses gaillards.

Pour cela, le vieux "gueuloir" a été remplacé par la "cox box", un dispositif électronique qui amplifie la voix et la diffuse par des haut-parleurs aux rameurs tout en affichant des données techniques pour notamment donner la cadence.

Installé à la poupe du bateau face au chef de nage, le premier rameur, il est les yeux et les oreilles des rameurs. Le seul à juger le vent, à voir si une vague arrive, à regarder les concurrents voisins et à observer leur attitude.

"A Athènes, on est aux 1000 m et je décèle de la détresse, de la fatigue et de l'anxiété dans le regard du chef de nage du bateau italien à côté. Je dis calmement aux rameurs que c'est le moment de réagir et d'une longueur de bateau de retard on revient et on les bat de 8 centièmes pour aller en finale olympique", se souvient Lattaignant, qui aura cette fois les yeux rivés sur le petit écran pour suivre les JO de Londres.

sg/ol/jmt

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