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Des milliers de Syriens tentent de fuir Alep pour échapper aux combats

30/07/2012 01:23 EDT | Actualisé 29/09/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Le plus haut diplomate syrien en poste au Royaume-Uni a fait défection lundi, tandis qu'en Syrie, des milliers de civils tentaient de fuir la ville d'Alep, où les rebelles affrontent les forces gouvernementales depuis dix jours.

Le Foreign Office a annoncé que Khaled al-Ayoubi, le chargé d'affaires syrien, avait déclaré aux autorités britanniques qu'il ne voulait plus représenter le régime de Bachar el-Assad. Il s'agit du quatrième haut diplomate syrien à faire défection depuis le début du soulèvement contre le régime, il y a 17 mois.

Les combats s'intensifient à Alep, capitale commerciale de Syrie, qui compte trois millions d'habitants. Selon les Nations unies, 200 000 personnes ont fui la ville au cours des dix derniers jours, alors que les troupes gouvernementales combattent les rebelles avec des obus de mortier, des chars et des hélicoptères de combat.

«Je suis extrêmement préoccupée par l'impact des tirs d'artillerie et d'autres armes lourdes sur les civils d'Alep», a déclaré la responsable des affaires humanitaires à l'ONU, Valerie Amos. «De nombreuses personnes ont trouvé refuge temporairement dans des écoles et des édifices publics situés dans des zones plus sûres», a-t-elle ajouté. «Elles ont besoin de nourriture, de matelas et de couvertures, de produits d'hygiène et d'eau potable.»

Les agences de l'ONU et le Croissant-Rouge syrien travaillent de concert pour fournir des articles de première nécessité aux personnes déplacées par le conflit, mais plusieurs d'entre elles sont hors de portée à cause des violences, a indiqué Mme Amos.

La ville d'Alep est située à environ 50 kilomètres de la frontière turque. De nombreux civils qui fuient la ville se dirigent vers la Turquie, où des dizaines de milliers de Syriens ont déjà trouvé refuge depuis le début du conflit.

La Turquie renforce ses effectifs à la frontière, avec des chars, des véhicules de combat blindés, des lance-missiles et un renfort de troupes au sol, a annoncé l'agence de presse officielle turque Anadolu.

La Grèce a également annoncé le quadruplement du nombre de gardes à sa frontière avec la Turquie pour faire face à un potentiel afflux de réfugiés syriens.

Les civils qui fuient Alep ont rapporté à l'Associated Press des tirs d'artillerie incessants, ainsi qu'une pénurie de nourriture et de carburant qui fait exploser les prix sur le marché noir. Dans des vidéos mises en ligne par des militants, on peut voir des citoyens courir dans les rues pour échapper aux tirs et monter dans n'importe quel véhicule disponible pour fuir la ville.

«Des dizaines de familles emballent leurs affaires et quittent la ville dans des voitures et des camions», a déclaré un militant qui vit dans un village situé près d'Alep, et qui n'a pas voulu donner son nom par crainte pour sa sécurité. «Ils ne prennent que des choses légères qu'ils peuvent transporter eux-mêmes, comme quelques vêtements et des objets de valeur, et c'est tout.»

«J'ai vu des voitures avec huit ou neuf personnes entassées à l'intérieur pour fuir les bombardements», a ajouté le militant. Selon lui, les rebelles ont pris d'assaut un point de contrôle au début de la journée et se sont aussi emparés de plusieurs chars de l'armée. Les forces gouvernementales ont répliqué en pilonnant la zone rurale située au nord-ouest d'Alep.

D'après les militants, de nombreux civils ont trouvé refuge dans les villages avoisinants, où ils vivent chez des proches ou dans des écoles. D'autres tentent plutôt de se rendre jusqu'à la frontière turque.

Les médias officiels syriens ont rapporté que l'armée avait «purgé» le quartier Salaheddine, dans le nord-ouest d'Alep, et infligé de «lourdes pertes» aux rebelles qui avaient pris le contrôle du quartier.

Mais les militants ont démenti cette information et ont rapporté une nouvelle journée de tirs d'artillerie dans certaines zones de la ville, ainsi que des incursions occasionnelles au sol.

Les militants de l'opposition à Alep n'étaient pas en mesure de fournir un bilan des victimes des combats de lundi.

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