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Crise étudiante: François Legault propose sa solution pour la rentrée

30/07/2012 11:17 EDT | Actualisé 29/09/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Pour tenter de dénouer l'impasse avec les étudiants et assurer «une rentrée paisible», le chef de la CAQ, François Legault, propose de hausser les droits de scolarité de 200 $ par année plutot que 254 $ et de reporter la hausse au mois de janvier.

Il demande en retour aux étudiants de rentrer calmement en classe à la mi-août et de laisser les Québécois trancher la question lors des élections générales.

Du même souffle, il demande au gouvernement de Jean Charest de suspendre les articles controversés de la loi spéciale qui encadrent les manifestations afin d'apaiser les tensions.

Sa proposition n'a toutefois pas enchanté l'une des principales organisations étudiantes, la FECQ (Fédération étudiante collégiale). Sa présidente, Éliane Laberge, la trouve «insuffisante».

À deux jours du déclenchement présumé de la campagne électorale, le chef de la Coalition avenir Québec a rencontré la presse, lundi, sur le terrain de l'Université de Montréal, aux côtés de huit de ses candidats provenant du milieu de l'enseignement.

Il en a profité pour lancer un appel au compromis à toutes les parties, afin d'assurer, dit-il, une rentrée scolaire paisible, même si celle-ci sera sérieusement comprimée dans le temps et bousculera tant les étudiants qui passent du secondaire au cégep, que ceux du collégial et de l'université.

Entre autres, il suggère de hausser les droits de scolarité de 200 $ par année pendant cinq ans. Et d'ici à ce que la première hausse entre en vigueur, en janvier 2013, il propose d'accorder les fonds nécessaires aux universités par le biais des crédits d'impôt, ces crédits qui faisaient justement l'objet des dernières négociations entre le gouvernement Charest et les associations étudiantes.

«La population nous dit 'oui à la hausse des frais de scolarité, mais pas de 75 pour cent'. On pense que de demander une hausse de 200 $ par année — ça, ça veut dire 100 $ d'augmentation par session — c'est raisonnable. Avec l'abolition des crédits d'impôt, ça nous permet de donner le même financement aux universités; ça nous permet d'offrir une porte de sortie aux deux parties», a résumé M. Legault.

Mais Éliane Laberge, de la FECQ, ne voit pas grand progrès dans cette position.« Pour nous, ce n'est pas beaucoup mieux que les propositions qu'a faites le gouvernement libéral. Il joue avec les mêmes paramètres que le gouvernement de Jean Charest», critique la dirigeante éudiante.

«En un sens, 200$ de hausse, ça reste une hausse des frais de scolarité qui va non seulement nuire à l'accessibilité aux études, mais qui va augmenter l'endettement étudiant. Mais, surtout, on ne vient toujours pas toucher au coeur du problème: l'accessibilité aux études et l'avenir de nos universités québécoises», conclut Mme Laberge.

M. Legault, qui a déjà été ministre de l'Éducation dans un gouvernement péquiste, croit qu'il reste possible de s'entendre avec la Fédération étudiante collégiale du Québec et la Fédération étudiante universitaire, mais doute de pouvoir s'entendre avec la CLASSÉ (Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante), qui prône toujours la gratuité scolaire même à l'université.

Mme Laberge se demande s'il est opportun d'exclure ainsi d'emblée la CLASSÉ puisque, selon elle, elle a déjà présenté une forme d'ouverture lors des dernières négociations avec le gouvernement. «Est-ce que les évincer complètement du débat serait une bonne solution? Je ne le pense pas», affirme-t-elle.

Plus généralement, M. Legault accuse Jean Charest d'avoir volontairement laissé pourrir le conflit étudiant pour se faire du capital politique et faire diversion. «De toute évidence, M. Charest voulait garder cette crise sociale en vie pour des raisons politiques, pour cacher son bilan des neuf dernières années et cacher la corruption», a tonné M. Legault.

De son côté, le premier ministre a tourné en dérision les propositions de M. Legault, lequel devrait selon lui «passer moins de temps sur Twitter et plus de temps avec sa calculatrice».

«Monsieur Legault aurait intérêt à compter. C'est pas un changement qu'il propose, c'est quelque chose qui va coûter plus cher aux étudiants. Ça nous étonne», a lancé M. Charest en marge de la rencontre annuelle des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l'Est du Canada, à Burlington, au Vermont.

Car l'abolition des crédits d'impôt se traduira par une hausse de la facture pour les frais de scolarité, a fait valoir M. Charest.

Pas de souveraineté

Par ailleurs, le chef caquiste s'est une fois de plus défendu d'être souverainiste, après qu'une ex-députée de l'Action démocratique en 2007 et 2008, devenue dimanche candidate du Parti libéral, eut affirmé ne plus reconnaître l'ADQ et être persuadée que la CAQ était souverainiste, tout comme M. Legault.

«J'ai été adéquiste, mais il n'y a plus d'ADQ. Legault et son équipe sont toujours souverainistes et moi, fédéraliste», avait affirmé dimanche Linda Lapointe, maintenant candidate du PLQ dans Groulx.

M. Legault a vite évacué la question. «Je ne peux pas être plus clair encore que je l'ai été. La souveraineté n'est plus sur la table. La Coalition avenir Québec ne fera jamais la promotion de la souveraineté du Québec. Est-ce que c'est assez clair?» a-t-il commenté en anglais.

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