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Combats à Alep, l'armée affirme contrôler une partie d'un bastion rebelle

30/07/2012 03:35 EDT | Actualisé 28/09/2012 05:12 EDT

L'armée syrienne a affirmé avoir repris lundi le contrôle d'une partie du principal bastion rebelle à Alep mais la rébellion a démenti, au 3e jour de la bataille cruciale pour le contrôle de cette deuxième ville et poumon économique du pays.

Face à l'escalade du conflit, la France, qui prend la présidence du Conseil de sécurité de l'ONU en août, va demander d'ici la fin de la semaine une réunion d'urgence de cette instance au niveau des ministres des Affaires étrangères, selon son chef de la diplomatie Laurent Fabius.

"L'armée a pris le contrôle d'une partie du quartier de Salaheddine et poursuit son offensive", a déclaré une source de sécurité à Damas.

Interrogé par l'AFP, Abdel Jabbar al-Oqaidi, chef du conseil militaire rebelle d'Alep, a néanmoins démenti en affirmant que les soldats n'avaient "pas avancé d'un seul mètre".

"Nous avons repoussé un nouvel assaut contre Salaheddine dans la nuit, et nous avons détruit quatre chars", a dit ce colonel qui avait appelé la veille l'Occident à instaurer une zone d'exclusion aérienne au-dessus du Nord de la Syrie et accusé le régime de préparer "un massacre" à Alep.

Les rebelles ont par contre affirmé avoir pris un point d'accès stratégique entre Alep et la Turquie.

Dès dimanche soir, l'agence officielle Sana avait annoncé que les soldats étaient en train de "nettoyer" la zone de Salaheddine des "terroristes", appellation retenue par les autorités pour désigner les rebelles.

Il n'était pas possible de connaître dans l'immédiat la véritable situation sur le terrain en raison des combats qui limitent le déplacement des journalistes.

Depuis le début samedi de l'offensive de l'armée pour reprendre le contrôle d'Alep, située à 355 km au nord de Damas, les rebelles affirment résister aux assauts de l'armée contre leurs positions, tout en réclamant des armes aux pays "amis" pour vaincre les troupes gouvernementales lourdement armées.

Le contrôle de cette ville est jugé comme un enjeu crucial du conflit déclenché il y a 16 mois par une révolte populaire qui s'est militarisée face à la répression du régime déterminé à l'étouffer.

Les troupes syriennes bombardent à l'artillerie lourde et par hélicoptères les quartiers rebelles, dont Salaheddine et Sakhour et Al-Zahira, en proie à des combats violents, selon des militants sur le terrain et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'OSDH avait affirmé que "les soldats avaient encerclé plusieurs zones tenues par les rebelles" pour les isoler et les empêcher de recevoir des renforts.

Le front d'Alep a été ouvert le 20 juillet et l'assaut de l'armée a été donné samedi après l'arrivée de renforts militaires dans la ville.

Les bombardements de cette ville de 2,5 millions d'habitants et ses environs ont jeté sur les routes ces deux derniers jours quelque 200.000 personnes, selon la responsable des opérations humanitaires de l'ONU, Valerie Amos, qui a demandé que les organisations de secours puissent "accéder en sécurité" à Alep.

En visite en Iran, principal pays allié de Damas dans la région, le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem a assuré que les rebelles seraient "vaincus" à Alep et ailleurs dans le pays en accusant "le Qatar, l'Arabie Saoudite, la Turquie et les pays étrangers" de soutenir les insurgés en leur fournissant des armes.

Pour le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, "Alep constitue un nouvel exemple tragique de la violence aveugle à laquelle a recours le régime d'Assad contre son propre peuple". "Au bout du compte, il creuse sa propre tombe", a-t-il dit au début de sa tournée dans la région.

Le front d'Alep a été ouvert le 20 juillet et l'assaut de l'armée a été donné samedi après l'arrivée de renforts militaires dans la ville.

Le président du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, Abdel Basset Sayda, a demandé aux pays "frères" et "amis" d'armer les membres de l'ASL qui combattent "avec de vieilles armes". "Nous voulons des armes qui nous permettraient d'arrêter les chars et les avions de combat".

bur-tp/sw

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