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Au Vietnam, la mère d'une blogueuse en prison meurt après s'être immolée par le feu

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IMMOLATION
Au Vietnam, la mère d'une blogueuse en prison meurt après s'être immolée par le feu. | KIRTI MONASTRY/AFP

HANOI (Vietnam), 30 juil 2012 (AFP) - La mère d'une célèbre blogueuse vietnamienne, qui doit être jugée la semaine prochaine pour "propagande contre l'Etat" communiste, est morte après s'être immolée par le feu, a-t-on appris lundi auprès de sources proches de la famille.

"Ses blessures étaient très graves et elle est morte sur le chemin de l'hôpital", a précisé à l'AFP Dinh Huu Thoai, prêtre catholique proche de la famille de Ta Phong Tan, qui doit comparaître le 7 août à Hô Chi Minh-Ville (sud) aux côtés de deux autres blogueurs.

Tan, catholique et ancienne policière de 43 ans, en prison depuis septembre 2011, est accusée comme les deux autres d'avoir "déformé la vérité, dénigré le parti et l'Etat" en postant des centaines d'articles politiques sur le site internet du "Club des journalistes libres" du Vietnam, fondé en septembre 2007.

Selon des déclarations à l'AFP de militants catholiques et d'avocats, ainsi que des posts de blogueurs et le site en vietnamien de la BBC, la mère de Tan, Dang Thi Kim Lieng, s'est immolée par le feu lundi matin.

Elle aurait fait ce geste devant les bureaux du Comité populaire (autorités locales) de Bac Lieu, province d'où Tan est originaire, a précisé le blog catholique Chuacuuthe, Lieng, 64 ans,

"Elle était très inquiète pour sa fille (...), elle était très inquiète au sujet du procès de sa fille (...). Elle avait peur de ne plus revoir sa fille", a ajouté à l'AFP le militant catholique Le Quoc Quan.

La famille n'a pas pu être contactée lundi par l'AFP et les autorités n'ont pas confirmé l'incident.

L'avocat de Tan, Nguyen Quoc Dat, a de son côté indiqué à l'AFP avoir entendu parler de la mort de la mère de sa cliente après une immolation par le feu, mais n'a pas non plus pu entrer en contact avec les membres de la famille.

Tan, qui avait dénoncé sur son blog la corruption et l'iniquité du système judiciaire du pays communiste, risque vingt ans de prison, tout comme Phan Thanh Hai, qui bloguait sur des sujets très sensibles comme les différends territoriaux avec la Chine, et Nguyen Van Hai, mieux connu sous le nom de "Dieu Cay".

Le président américain Barack Obama avait évoqué le cas de ce dernier pendant la Journée pour la liberté de la presse en mai dernier.

"Nous ne devons pas oublier (les journalistes) comme le blogueur Dieu Cay, dont l'arrestation en 2008 avait coïncidé avec une vague de répression contre le journalisme citoyen au Vietnam", avait-il déclaré.

Dans un rapport publié en janvier, l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW, New York) avait souligné que les autorités avaient "intensifié sa répression" contre les dissidents l'an passé, emprisonnant des dizaines de militants pacifiques.

"Ce n'est pas une tragédie seulement pour une famille, mais pour tout le pays", a commenté lundi Phil Robertson, directeur adjoint pour l'Asie de HRW.

Le gouvernement vietnamien "pousse les gens au désespoir", a-t-il dénoncé, appelant les bailleurs de fonds du gouvernement communiste à faire pression pour la libération des trois blogueurs.

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