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Syrie: poursuite des violents combats à Alep

29/07/2012 01:15 EDT | Actualisé 28/09/2012 05:12 EDT

BEIRUT - BEYROUTH (Sipa) — De violents combats se poursuivaient dimanche à Alep, la ville la plus peuplée de Syrie, au deuxième jour de la contre-offensive lancée par l'armée pour reprendre les quartiers sous contrôle de l'insurrection. Le régime de Bachar el-Assad a juré de déloger les insurgés et accusé l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie de vouloir détruire le pays.

D'après des militants syriens, les forces syriennes bombardaient en particulier les quartiers de Saladin, Boustan el-Kasr et des parties de Saïf el-Dawla, qui faisaient partie des premiers secteurs dont se sont emparés les insurgés. Ces derniers tentaient de repousser l'assaut terrestre et aérien des forces syriennes.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme, organisation de militants basée en Grande-Bretagne, signalait aussi de violents combats et d'explosions dans les quartiers de Bab al-Hadid, al-Zahraa et al-Arqoub.

"Nous assistons aujourd'hui à certains des bombardements les plus violents, mais les insurgés continuent à tenir bon. Aucune force au sol n'a réussi à entrer. Ils bombardent du dehors", a expliqué un militant d'Alep, Mohammed Saïd.

D'après lui, environ 200 combattants de l'insurrection sont entrés dimanche dans Alep, capitale commerciale située dans le nord du pays, pour rejoindre le millier d'hommes venus en renfort ces derniers jours pour combattre les forces gouvernementales. Les rebelles ont reçu un "nouvel arrivage d'armes et de munitions", selon le militant qui n'a pas précisé leur provenance.

Selon les opposants syriens, les insurgés, qui ont lancé un peu plus d'une semaine une opération pour "libérer" Alep, contrôleraient entre un tiers et la moitié des quartiers de la ville, en particulier dans le sud-ouest et dans le nord-est, autour du secteur de Sakhour.

L'agence officielle SANA a de son côté affirmé que les forces gouvernementales continuaient de traquer les groupes armés dans plusieurs quartiers d'Alep, et infligeaient de lourdes pertes aux "terroristes", le terme employé par le régime pour désigner les insurgés.

"La vie à Alep est devenue insupportable. Je suis dans ma voiture et je pars tout de suite", rapportait dimanche un écrivain de l'opposition syrienne qui avait décidé de fuir la ville. "Il y a des bombardements jour et nuit, chaque jour", a-t-il ajouté, sous couvert de l'anonymat. "Le pain, l'essence et le gaz sont vendus au marché noir à des prix très élevés", a-t-il raconté. "Beaucoup de choses commencent à manquer".

Alep avait été jusqu'alors relativement épargnée par le conflit et la communauté internationale redoute un possible massacre dans cette ville, la plus grande du pays, avec quelque trois millions d'habitants. La chute de cette ville, considérée un temps comme un foyer de soutien au président Bachar el-Assad, constituerait une victoire majeure pour l'opposition qui gagnerait un nouveau fief dans le nord.

Depuis le début de l'assaut de l'insurrection à Alep, les violences ont fait environ 162 morts, pour la plupart des civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. Depuis le début du soulèvement en mars 2011, environ 19.000 personnes ont été tuées, selon le groupe.

En visite en Iran, dernier allié de Damas au Moyen-Orient, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid al-Moallem a accusé dimanche les puissances régionales de l'Arabie saoudite, du Qatar et la Turquie de soutenir un complot fomenté par Israël pour détruire la Syrie. "Israël est le cerveau de tout dans cette crise", a-t-il dit lors d'une conférence de presse conjointe à Téhéran avec son homologue Ali Akbar Salehi. "Ils (le Qatar, l'Arabie saoudite et la Turquie) combattent sur le même front".

"Ils ont mobilisé tous leurs terroristes armés et tenté de s'emparer de Damas en moins d'une semaine", a ajouté le chef de la diplomatie syrienne. "Ils ont été battus". "Aujourd'hui, ils sont allés à Alep, et clairement ils seront vaincus à Alep". A la mi-juillet, les insurgés avaient défié le régime au coeur de Damas mais avaient été battus après une semaine d'intenses combats.

Les violences ont entraîné de nouveaux afflux de réfugiés vers les pays voisins et la Jordanie a ouvert dimanche son premier camp pour les accueillir. Les autorités d'Amman étaient réticentes à l'ouverture de ce camp, qui compte pour l'instant quelque 2.000 tentes blanches. Mais avec 142.000 Syriens cherchant refuge chez leur voisin du sud, les autorités jordaniennes ont annoncé qu'elles étaient obligées de réagir. D'autant qu'il peut y avoir, chaque jour, jusqu'à 2.000 nouveaux candidats à l'exil.

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