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Roumanie: le référendum est invalidé, faute de participation suffisante

29/07/2012 11:34 EDT | Actualisé 28/09/2012 05:12 EDT

BUCAREST, Roumanie - Les autorités roumaines ont annoncé que le référendum tenu dimanche et visant à destituer le président Traian Basescu était invalide en raison du faible taux de participation.

Le Bureau électoral central a établi ce taux à 45,92 pour cent, avec une marge d'erreur de plus ou moins trois points de pourcentage. Selon la loi, de tels référendums sont invalidés si le taux de participation chute sous les 50 pour cent.

Le Bureau n'a pas immédiatement donné le résultat du vote, mais deux sondages effectués à la sortie des urnes ont suggéré que plus de 80 pour cent des électeurs avaient voté en faveur de la destitution du président.

Celui-ci a affirmé sur les ondes de la télévision nationale qu'il avait survécu au scrutin en raison du faible taux de participation, déclarant: «les Roumains ont invalidé le référendum en ne participant pas.»

Quelque 18 millions d'électeurs roumains étaient appelés à se prononcer.

À 20 h, trois heures avant la fermeture des bureaux de vote, la participation s'élevait seulement à 37,67 pour cent, selon le Bureau électoral central. Lors d'élections locales organisées en juin, la participation avait atteint environ 56 pour cent.

Avant le référendum, Traian Basescu a déclaré à ses partisans qu'il était en paix avec lui-même. «J'ai fait mon devoir de président d'une manière qui a parfois plu aux gens et qui, à d'autres moments, n'a pas plus à un grand nombre de Roumains», a-t-il confié.

Membre du Parti démocrate libéral (centre-droit), M. Basescu, réélu en 2009 après un premier mandat entamé en 2004, est accusé par ses opposants d'avoir violé la Constitution en s'immisçant dans les affaires du gouvernement. Ses adversaires lui reprochent également d'avoir favorisé ses proches et de s'être servi des puissants services secrets contre ses ennemis.

Pour le président roumain âgé de 60 ans, cette procédure de destitution est une vengeance politique de ses adversaires, qui cherchent selon lui à prendre le contrôle des fonds européens et du système judiciaire du pays.

Cette agitation politique a entamé la crédibilité de la Roumanie, les États-Unis et l'Union européenne exprimant des doutes sur le respect de l'indépendance de la justice par le gouvernement de cohabitation actuel de centre-gauche, opposé à M. Basescu. Certains accusent le premier ministre Victor Ponta, lui-même en proie à de nombreuses critiques, d'orchestrer cette manoeuvre pour essayer de s'emparer du pouvoir.

La situation politique est instable depuis le 7 mai, quand Victor Ponta est devenu premier ministre après la chute de deux gouvernements pro-Basescu. Son gouvernement a rapidement pris des mesures pour destituer les présidents des deux chambres du Parlement et les remplacer par des membres de la coalition gouvernementale. Le Parlement a ensuite suspendu M. Basescu lui-même.

Traian Basescu avait facilement survécu à un référendum visant à le destituer en 2007. Mais la popularité dont il bénéficiait il y a cinq ans auprès des électeurs a disparu aujourd'hui.

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