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Places vides et tickets au noir: les JO-2012 rattrapés par la polémique

29/07/2012 11:21 EDT | Actualisé 28/09/2012 05:12 EDT

La billetterie des JO était au centre d'une double polémique dimanche, avec des rangées de sièges alloués à des VIP restées désespérément vides lors des premières compétitions et des membres de comités olympiques soupçonnés de vente de tickets au marché noir.

Face à la colère des supporteurs ordinaires, qui ont dû batailler pour avoir des places, souvent au prix fort, les organisateurs ont lancé en urgence une enquête sur ces sièges restés vacants samedi, notamment au Centre aquatique.

Le président du Comité d'organisation (LOCOG), Sebastian Coe, s'est efforcé de désamorcer la polémique en assurant que la plupart des sites étaient "pleins à craquer" et que les sièges vides étaient ceux de membres de la "famille olympique" (athlètes, encadrement et comités nationaux), qui ne savaient pas où donner de la tête en ces débuts de Jeux.

"Ce n'est pas rare dans les phases préliminaires" des JO, a-t-il encore fait valoir. "Il faut remettre tout ça en perspective. Cela ne va pas durer".

Le responsable de la communication du Comité international olympique (CIO), Mark Adams, a pour sa part assuré que les sponsors, montrés du doigt dans un premier temps par le ministre, n'y étaient pour rien.

"Ce sont toutes sortes de gens - fédérations sportives, athlètes, certains médias", qui ne sont pas venus. "La plupart des sponsors étaient bien là", a-t-il affirmé.

Pour boucher les trous, des places ont été attribuées dimanche à des militaires, des étudiants et des professeurs. Et un millier de billets supplémentaires ont été mis en vente.

Les images embarrassantes de rangées vides lors des épreuves sont passées en boucle dimanche matin à la télévision. Comme celles du match de tennis entre Anne Keothavong et Caroline Wozniacki, sur le court central de Wimbledon, où des rangées étaient encore désertes dimanche.

"C'était vide à 50%!", s'est plaint sur Twitter un supporteur frustré après la rencontre.

Dans le parc olympique aussi, les fans de sport ne cachaient pas leur dépit.

"C'est vraiment trop bête", commentait Ben Bannar-Martin, un banquier de 38 ans, venu visiter les lieux avec sa femme et ses deux filles. "J'ai essayé d'avoir des billets lors du premier tirage et je n'ai jamais réussi".

"C'est aussi vraiment dommage pour les athlètes, qui n'ont pas autant de supporteurs qu'ils devraient", a renchéri son épouse Jenny.

Le ministre de la Culture Jeremy Hunt, en charge des JO, a lui-même jugé "très décevant" que des places soient restées vides.

"J'étais aux Jeux de Pékin en 2008 et une des leçons que nous avons retenues, c'est que ce sont les stades pleins qui créent la meilleure ambiance", a-t-il insisté.

Après l'enthousiasme suscité dans le pays par la très créative cérémonie d'ouverture des Jeux, cette controverse a jeté une ombre sur le début des compétitions, d'autant qu'elle s'est doublée de soupçons de trafic de billets.

D'après le le Sunday Times, Scotland Yard a ouvert une enquête sur les agissements de membres de comités nationaux olympiques "filmés secrètement en train de vendre des milliers de billets bien placés jusqu'à dix fois leur valeur."

Les inspecteurs de l'"Operation Podium", une équipe dédiée à la lutte contre ce type de fraudes, ont étudié plus de 20 heures d'enregistrements vidéo fournis par le journal. Ils auraient l'intention de questionner des agents chargés de la vente des tickets au sein des comités olympiques de Chine, de Serbie et de Lituanie, d'après le Sunday Times.

Contactée par l'AFP, la police s'est refusée à tout commentaire.

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