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Nigeria: Cri d'alarme de deux ex-présidents rivaux devant la menace Boko Haram

29/07/2012 02:54 EDT | Actualisé 28/09/2012 05:12 EDT

Deux anciens présidents du Nigeria, un chrétien et un musulmans anciennement rivaux, ont appelé ensemble au dialogue pour mettre fin à l'insurrection du groupe islamiste Boko Haram, estimant qu'elle menace l'unité du pays.

Olusegun Obasanjo, un civil, et le général Ibrahim Babangida, ancien chef d'une junte militaire, affirment que leurs attentats et assassinats "insoutenables" engendrent "une atmosphère de peur qui paralyse" le pays le plus peuplé d'Afrique.

"Les événements de ces dernières années dans notre chère patrie nigériane menacent de détruire un siècle de labeur (...) pour construire une nation forte, unie et pacifique", selon un communiqué commun.

Boko Haram a revendiqué des attaques ayant fait plusieurs centaines de morts ces dernières années, le plus souvent contre les représentants de l'Etat, les forces de sécurité, et la minorité chrétienne dans le Nord à majorité musulmane et le centre du pays.

Obasanjo, président de 1999 à 2007, est un chrétien du sud-ouest. Babangida, qui a dirigé le Nigeria de 1985 à 1993, est un musulman du centre.

Sans désigner nommément Boko Haram, les deux hommes recommandent l'implication des chefs de communautés locales, notamment religieuses, en plus des des mesures sécuritaires.

"Les chefs religieux en particulier ont la tâche majeure de se servir des vertus immenses de la période sainte (le ramadan) en cours, pour inculquer à des millions de concitoyens les vertus du respect mutuel, de l'humilité et du pardon", affirment les deux leaders.

"Il existe donc une marge importante pour amener les belligérants à la table d'un dialogue réel avec les autorités au nom de notre avenir et celui des nos enfants et petits-enfants", selon eux..

Les violences des islamistes sont en recrudescence depuis 2009: mitraillages à moto, bombes contre des églises, attentats suicide, provoquant des représailles et des craintes d'exodes de population.

Cette ancienne colonie britannique de 160 millions d'habitants est divisée grosso modo entre le nord musulman plus pauvre et un sud chrétien, où est extrait le pétrole du plus gros producteur d'Afrique.

Quatre personnes ont été tuées lors de deux attaques séparées, dont l'une contre des militaires, dimanche à Kano, la plus grande ville du nord, par des hommes armés circulant à moto, ont indiqué les autorités et la police.

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