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Émilie Heymans et Jennifer Abel décrochent une médaille triplement marquante

29/07/2012 10:50 EDT | Actualisé 28/09/2012 05:12 EDT

LONDRES - Une première médaille pour le Canada aux Jeux de Londres, un premier podium olympique en carrière pour Jennifer Abel et une quatrième médaille dans quatre Jeux consécutifs pour Émilie Heymans: le bronze décroché au 3 m synchro féminin par les deux plongeuses québécoises, dimanche, a été marquant trois fois plutôt qu'une.

Dans une compétition dominée de bout en bout par les Chinoises Wu Minxia et He Zi, qui l'ont emporté avec un score de 346,20 points devant les Américaines Abigail Johnston et Kelci Bryant (321,90 points), Heymans et Abel ont réussi à remonter la pente après un deuxième plongeon raté.

Elles ont finalement réussi à ravir la troisième marche du podium à Tania Cagnotto et Francesca Dallape, obtenant 316,80 points contre 314,10 pour les Italiennes.

Heymans est devenue la première plongeuse de l'histoire à décrocher une médaille dans quatre JO consécutifs. Un exploit que l'athlète de 30 ans n'aurait jamais pu imaginer, a-t-elle reconnu quelques minutes après avoir reçu sa médaille londonienne au cou.

«Je ne pensais même pas pouvoir un jour participer à quatre Jeux, a-t-elle lancé avec un grand sourire. J'ai travaillé aussi fort pour chacune des médailles que j'ai eues, mais c'est certain qu'avec celle-là je passe à l'histoire, alors elle est un peu différente. Je suis vraiment contente d'avoir pu vivre cette expérience-là avec Jennifer.»

Abel a réagi de manière réciproque dès que la troisième place est devenue chose assurée.

«J'ai pensé à Émilie, que j'étais vraiment contente d'être avec elle. J'étais tellement nerveuse avant la compétition, j'en faisais des cauchemars parce que je voulais vivre ce moment-là avec elle, a raconté la Lavalloise de 20 ans. Je sais qu'elle a tout fait le reste, mais aujourd'hui on est arrivé dans l'histoire ensemble.»

Abel, qui a participé à ses premiers JO à Pékin, en 2008, à l'âge de seulement 16 ans, savourait également cette première sur le plan personnel.

«Jamais je n'aurais cru que j'allais un jour me retrouver sur un podium aux Jeux olympiques. Même en 2008, je ne pensais même pas que j'irais à Pékin, je pensais que les Jeux de 2012 seraient mes premiers, et dans ce cas-là je ne pensais pas que j'aurais une médaille à mon cou à Londres», a expliqué la plongeuse dotée d'un énorme potentiel — qui semble déjà se concrétiser malgré son jeune âge.

«J'espère que Jennifer va pouvoir continuer et faire comme moi, et gagner une médaille à tous les Jeux où elle va aller», a lancé Heymans en riant de bon coeur.

Heymans et Abel ont du même coup permis au Canada de remporter une première médaille à Londres.

«J'espère que ça va inspirer les autres athlètes canadiens et les amener à se dépasser dans leurs propres épreuves», a affirmé Heymans, qui avait également raflé la première médaille du Canada aux JO de 2004, avec Blythe Hartley.

Il s'en est toutefois fallu de peu pour que tout un pays doive attendre à plus tard pour vivre cette première.

Deuxièmes après leur premier plongeon, Heymans et Abel se sont placées en danger à leur deuxième sortie, un plongeon avant où la désynchronisation a commencé dès le départ sur le tremplin et les a laissées provisoirement en cinquième place. Un raté important des Italiennes à leur quatrième plongeon, sur un saut périlleux deux et demi avant avec une vrille, a toutefois permis aux Canadiennes de compléter leur remontée avec succès.

«On a appris, aujourd'hui, à se battre jusqu'à la fin», a noté Abel.

Le duo québécois a été déconcentré, avant son deuxième plongeon par des employés affectés à la télédiffusion de l'épreuve. Ceux-ci ont reculé vers elles pendant qu'elles simulaient la figure qu'elles s'apprêtaient à faire.

«Je pense que ça nous a déboussolées, a reconnu Heymans. Ça nous a fait sortir de notre bulle et de notre zone de confort.»

«Le stress est remonté à la surface et on avait perdu le contrôle de notre corps, a dit Abel de ce deuxième plongeon. Mais on en a discuté et on s'est rappelé à l'ordre. On s'est dit qu'il fallait se calmer et qu'on irait faire notre simulation un peu plus loin.»

Son calme, jumelé à celui de Heymans, a permis à Abel de s'ajouter à la liste des partenaires ayant remporté une médaille olympique avec la Québécoise d'origine belge. La première a été Anne Montminy, aux Jeux de 2000 à Sydney, avec qui elle a récolté une médaille d'argent au 10 m synchro. La deuxième a été Hartley, avec qui elle a obtenu le bronze au 10 m synchro également, à Athènes. L'autre médaille du quadruplé de Heymans est celle d'argent que l'athlète de Saint-Lambert a méritée au 10 m individuel à Pékin, il y a quatre ans.

Heymans a ainsi montré une étonnante capacité d'adaptation. Et c'est avec Abel que l'adaptation a été la plus facile, a-t-elle déclaré.

«Avec Blythe, on avait un rythme différent dans le saut d'appel et les départs arrière, alors j'ai trouvé ça plus difficile de m'adapter à elle. Tandis que Jennifer et moi, on a un rythme similaire sur le tremplin. On n'a pas la même grandeur mais on a un poids similaire, ce qui aide aussi à avoir le même rythme.

«Il faut dire qu'au 10 m, il faut imposer son propre rythme, alors c'est différent.»

De son côté, Abel apprécie le partenariat d'égale à égale avec Heymans même si 10 ans les séparent.

«À mes débuts avec Émilie, j'avais l'impression que je devais faire tout pour être à son niveau. Mais elle m'a vite fait comprendre que non, on allait faire du 50-50, que c'est ce qu'il fallait faire pour qu'une équipe puisse fonctionner.»

Heymans et Abel forment un duo depuis le printemps 2010 et en sont à leur troisième médaille en synchro à des grands jeux. Elles ont obtenu l'or aux Jeux du Commonwealth 2010 à New Delhi, en Inde, et l'argent aux Jeux panaméricains 2011 à Guadalajara, au Mexique.

Elles disputeront toutes deux l'épreuve au tremplin de 3 mètres individuel plus tard cette semaine. La ronde préliminaire aura lieu vendredi, la demi-finale suivra samedi et la finale, le dimanche 5 août.

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