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Les organisateurs enquêtent pour comprendre pourquoi certains sièges sont vides

29/07/2012 05:37 EDT | Actualisé 28/09/2012 05:12 EDT

LONDRES - Montrés du doigt en pleine polémique sur les rangées de sièges vides observées au premier jour de compétition à Londres, certains commanditaires des Jeux olympiques se défendent en assurant avoir distribué au grand public la majeure partie de leurs quotas de places réservées.

Les organisateurs des Jeux, qui ont ouvert une enquête, tentaient dimanche de minimiser le problème, assurant qu'il n'était pas rare de voir des rangées vides lors des tours préliminaires et promettant de redistribuer les places vacantes.

Parmi les commanditaires officiels des Jeux, les firmes Coca-Cola et Visa ont de leur côté fait savoir qu'elles avaient donné la plupart de leurs places via des opérations de promotion.

Coca-Cola a expliqué que ses concours permettaient aux lauréats de «choisir l'événement auquel ils voulaient vraiment assister».

«Nous avons aussi invité des partenaires de longue date, des employés et clients pour assister aux Jeux. Nous pensons que les taux d'utilisation de nos billets ont jusqu'ici été extrêmement élevés», a assuré le géant américain de boissons gazeuses dans un communiqué.

Visa a aussi tenu à préciser que la «grande majorité» de ses places «étaient utilisées par des détenteurs de cartes de crédit ordinaires qui les ont gagnées via des concours ou promotions».

«Nous faisons beaucoup d'efforts pour veiller à ce que les billets alloués soient pleinement utilisés», a assuré la compagnie dans un communiqué.

Au premier jour de la compétition, des sections entières de rangées quasiment désertes en bas des gradins lors des épreuves de disciplines très courues comme le tennis, la natation ou la gymnastique, ont rapidement suscité de vives critiques et interrogations.

A l'inverse, un million de spectateurs, selon les estimations, s'étaient massés sur le parcours de l'épreuve de cyclisme sur route pour voir passer les coureurs, spectacle gratuit et sans billet. L'aviron a aussi fait le plein.

Le comité d'organisation (LOCOG) a fait savoir dans un communiqué qu'il enquêtait pour savoir «qui aurait dû occuper ces places et pourquoi ils n'étaient pas là».

Le président du LOCOG, Sebastian Coe, et le ministre britannique de la culture et des sports Jeremy Hunt, responsable des jeux au sein du gouvernement, confiaient alors qu'ils soupçonnaient les absents d'être des invités des commanditaires.

«Nous pensons qu'il s'agissait de places réservées qui appartenaient à des commanditaires, avait dit Jeremy Hunt, samedi. Mais s'ils ne viennent pas, nous voulons que ces places soient disponibles pour des membres du public pour créer la meilleure ambiance. Donc, nous nous penchons sur ce problème en urgence.»

Les organisateurs, avait-il souligné, ont tiré des leçons des Jeux de Pékin, qui avaient connu des problèmes d'affluence sur certains sites en raison du prix élevé des billets: «Avoir un stade plein crée la meilleure ambiance. C'est mieux pour les athlètes, c'est plus réjouissant pour les spectateurs et ç'a été une priorité absolue.»

Coe avait même menacé de nommer publiquement les responsables s'ils ne prenaient pas des mesures pour attribuer les places à de vrais amateurs de sport.

Dimanche, toutefois, le ton se voulait plus conciliant.

«Ce n'est pas inhabituel lors des tours préliminaires» de voir des rangées vides, a-t-il relativisé. «Je ne crois pas que nous en soyons pour le moment à pointer du doigt» qui que ce soit.

En attendant, certains spectateurs pourraient donc profiter de meilleures places. D'ores et déjà, des places étaient occupées par des personnels de l'armée et des billets offerts à des enseignants et écoliers locaux, a précisé Coe.

Des places supplémentaires pourraient être mises en vente. Cela a déjà été le cas samedi, avec un millier de billets vendus, selon M. Coe. Au total, huit pour cent des billets disponibles reviennent aux commanditaires et 75 pour cent au public britannique, a-t-il rappelé.

«On aime tous voir une salle remplie. Les bassins sont l'un des sites les plus recherchés et c'est dur de trouver des places», reconnaissait le patron de la fédération britannique de natation, David Sparkes, tout en notant que le centre aquatique olympique était beaucoup plus rempli samedi soir que lors des entraînements du matin.

Il a suggéré que les organisateurs créent un dispositif qui permette aux détenteurs de billets ne les utilisant pas d'en faire don immédiatement à une organisation caritative qui puisse les revendre. Déjà, les spectateurs des jeux qui quittent une enceinte peuvent déposer leur billet pour qu'il soit utilisé par d'autres fans en attente.

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