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Le président congolais accuse le Rwanda d'appuyer le mouvement rebelle M23

29/07/2012 08:30 EDT | Actualisé 28/09/2012 05:12 EDT

KINSHASA, Congo - Le président du Congo a accusé le Rwanda de soutenir une nouvelle rébellion dans l'est de la République démocratique du Congo, et qualifié l'appui rwandais de «secret de Polichinelle».

Le président Joseph Kabila s'est exprimé devant des journalistes samedi soir lors d'une rare apparition publique et a déclaré que le gouvernement enquêterait sur des accusations selon lesquelles l'Ouganda pourrait également soutenir la rébellion M23 dans l'est, bien que le pays ait affirmé ne pas être impliqué.

La révolte a provoqué les pires violences depuis des années dans un Congo déjà volatil. Les heurts ont forcé le déplacement de plus de 260 000 personnes au cours des trois derniers mois. Le conflit draine également les ressources de la mission de maintien de la paix onusienne déjà à bout de souffle, et ce malgré un budget annuel de 1,5 milliard $US.

«En ce qui concerne l'implication de l'Ouganda, l'explication de la capitale Kampala est qu'ils n'ont rien à voir là-dedans», a déclaré M. Kabila, ajoutant que l'implication du Rwanda était un «secret connu de tous. Un rapport de l'ONU démontre clairement que le M23 est appuyé par le Rwanda.»

Un rapport d'experts onusiens diffusé le mois dernier accuse effectivement le Rwanda d'aider à créer, armer et soutenir le mouvement rebelle M23, en violation des sanctions onusiennes. Le Rwanda nie les accusations.

Le pays subit toutefois des pressions croissantes pour mettre fin à son appui présumé. Les Pays-Bas, les États-Unis et l'Allemagne ont suspendu une partie de leur aide humanitaire et la Grande-Bretagne retarde le paiement d'un appui budgétaire. Bien que les sommes concernées demeurent réduites, ces actions sont considérées comme une vive réprobation face au Rwanda, un pays dépendant des donateurs occidentaux pour combler près de la moitié de son budget.

Le président du Congo a admis que l'armée avait perdu quelques territoires au profit des rebelles, mais a précisé que ses troupes reconquerraient d'autres localités et que l'objectif principal était de ramener une paix de longue durée dans l'est.

«Il y a plusieurs solutions à la crise: politique, diplomatique ou militaire», a-t-il dit.

La semaine dernière, les leaders du Congo et du Rwanda sont parvenus à une entente de principe pour appuyer une force armée internationale neutre pour combattre la plus récente rébellion congolaise.

L'Union africaine a quant à elle déclaré qu'elle pourrait envoyer des soldats­.

Le Congo possède déjà la plus importante force de maintien de la paix de la planète, soit près de 20 000 soldats et policiers onusiens. Leur mandat principal est de protéger les civils, mais ils ont également l'ordre d'appuyer l'armée congolaise dans ses combats contre les rebelles.

L'armée congolaise, forte de 150 000 hommes, est démoralisée, mal équipée, mal payée et a prouvé son incapacité à faire face à quelques centaines de rebelles motivés et bien armés. Malgré tout, le président Kabila a invité samedi les jeunes à joindre les rangs de l'armée.

Le conflit de l'est du Congo est un résultat du génocide rwandais de 1994. Des centaines de personnes qui auraient participé au massacre d'environ 800 000 Tutsis et Hutus modérés ont fui vers le Congo et y combattent toujours aujourd'hui. Les membres du M23 représentent la plus récente incarnation d'un groupe de rebelles tutsis congolais combattant des hutus rwandais au Congo.

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