NOUVELLES

JO-2012 - L'objet du jour: miel et magnésie, la colle du gymnaste

29/07/2012 07:24 EDT | Actualisé 28/09/2012 05:12 EDT

Pour les jeux Olympiques, les gymnastes n'oublient pas leur petit pot de miel, un aliment devenu incontournable pour les champions des barres parallèles qui le mélangent à de la magnésie afin de gagner en adhérence avec l'agrès.

"Le code de pointage actuel valorise les éléments en suspension, or ce travail en suspension demande une bonne adhérence à la barre", explique le Français Yann Cucherat, l'un des grands spécialistes de cet appareil.

A d'autres engins, les gymnastes enfilent des maniques, des protections en cuir de la paume de main. Mais selon le double médaillé mondial 2005, "les maniques se prêtent bien aux anneaux ou à la barre fixe, où on tourne toujours autour de l'agrès de la même manière, mais pas aux barres parallèles, où les prises de mains ne sont jamais les mêmes".

D'où l'idée d'enduire les barres et les mains d'une mixture collante. Si certains concoctent un mélange à base de sirop ou autre boisson sucrée, le miel a été adopté par la plupart pour son côté pratique.

"Quand on faisait notre potion magique auparavant, le résultat était toujours un peu aléatoire, tandis qu'avec le miel nous avons toujours la même consistance", souligne le Français, en lice pour ses 4e JO.

Le dosage entre eau, miel et magnésie doit être précis et tenir compte des conditions climatiques, et même de la marque de l'équipementier, sinon gare à la chute. "Plusieurs fois en compétition, je me suis fait surprendre pour avoir mal préparé ma barre et avoir mis trop de miel. Cela fait comme une flaque d'huile: quand on met la main dessus, on glisse", raconte le champion d'Europe 2009 et 2010, qui ne laisse personne d'autre préparer ses barres.

L'ordre de passage dans une finale peut ainsi avoir de l'importance, sachant que les gymnastes ne disposent que de quelques secondes pour mettre l'agrès à leur goût.

"Chinois et Japonais ont une technique particulière. Ils mettent beaucoup d'eau, ce qui rend la barre très humide et ce n'est pas facile de passer après eux, pointe Yann Cucherat. D'autres, qui aiment être en contact direct avec le bois, la grattent avec une pierre ponce, ce qui peut être aussi perturbant quand on arrive après".

stp/ol/jr

PLUS:afp