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JO-2012 - Jeux vus d'ailleurs/Paris: l'euphorie olympique se fait attendre

29/07/2012 07:02 EDT | Actualisé 28/09/2012 05:12 EDT

Sept ans après sa "défaite" face à Londres pour l'organisation des jeux Olympiques 2012, Paris suit le début de la quinzaine londonienne sans grand enthousiasme, par indifférence en cette période de vacances, plus que par esprit de vengeance.

Dans un pub près de la rue Saint-Denis, en plein centre-ville de Paris, Sébastien Tourade est plus concentré sur ses nachos et son guacamole que sur l'écran de télévision qui diffuse en ce samedi soir les qualifications de la gymnastique masculine.

"Il y a beaucoup de sports pour lesquels je ne sortirais pas de mon lit. La gymnastique en fait partie", sourit ce commercial de 24 ans.

Comme Sébastien Tourade, beaucoup de Parisiens suivent distraitement les premières épreuves des JO de Londres, en s'arrêtant brièvement pour regarder depuis la rue l'écran de télévision du pub "The Frog and the Rosbif" (littéralement, "la grenouille et le rosbif") avec curiosité, sans passion.

Sébastien Tourade a bien tenté d'acheter des billets pour aller voir des matches du tournoi masculin de basket-ball, mais son échec à se procurer les précieux sésames ne l'a pas traumatisé.

Le manque d'enthousiasme des Parisiens s'explique selon lui par la proximité de Londres, une destination bien connue des Français.

"Londres, ce n'est pas loin, ce n'est qu'à trois heures, c'est facile d'accès. En plus, tout le monde est en vacances en ce moment", avance-t-il.

"J'ai l'impression qu'on ne parle pas autant des JO de Londres que de ceux de Pékin dont on avait parlé pendant des mois et des mois en avance", abonde Thomas Busson, un étudiant de 20 ans.

Aucun d'entre eux n'évoque en revanche un quelconque ressentiment français à l'égard de la capitale britannique qui, le 6 juillet 2005, avait été désignée ville-organisatrice des JO-2012 par 54 votes contre 50 à Paris, considéré comme la grande favorite.

Une fois que les sportifs français auront décroché quelques médailles, ce qui n'a pas été le cas lors de la première journée samedi, Paris risque bien de se prendre au jeu... olympique.

Olaf Ruiter, le gérant néerlandais du pub, en est persuadé. Il en veut pour preuve la réaction de ses clients qui ont suivi la cérémonie d'ouverture.

"Vendredi soir, c'était plein, il y avait plusieurs groupes de touristes anglais et français pour suivre la cérémonie. Tout le monde a trouvé cela super", rappelle-t-il.

Sur le parvis de l'Hôtel de ville, une assistance clairsemée suit sur écran géant dans un décor et une météo typiquement "british", avec cabines téléphoniques rouges et ciel gris, les retransmissions des épreuves londoniennes.

C'est sur cette même place que plusieurs milliers de Parisiens étaient restés interdits en juillet 2005 à l'annonce de la victoire de Londres.

"Cela débute doucement, admet Mohammed Oumoussa. Mais l'athlétisme n'a pas encore commencé, il y aura plus de monde", prédit-il, résolument confiant.

phz/jr/heg

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