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USA:les poupées noires sont de plus en plus populaires auprès des collectionneurs

28/07/2012 03:08 EDT | Actualisé 27/09/2012 05:12 EDT

LA NOUVELLE-ORLÉANS - Parmi les poupées de porcelaine, de papier, les Kewpies et les Barbies, les poupées aux vêtements de style afro-américain ont suscité une attention toute spéciale à La Nouvelle-Orléans lors du congrès annuel de la United Federation of Doll Clubs, qui a attiré plus de 1200 collectionneurs.

La plus ancienne des poupées noires exposées a été cousue dans les environs de 1850, a expliqué la conservatrice Joyce Stamps, de Framingham au Massachusetts, qui a organisé l'exposition à la demande de l'organisme.

Et puisque les vêtements de poupée sont fragiles, la plupart des poupées noires à avoir survécu ont été créées dans les années 1870 et les années subséquentes, soit pendant la Reconstruction. Des documents indiquent toutefois que des centaines étaient vendues dans des foires pendant la Guerre civile pour amasser des fonds au profit du quotidien abolitionniste The Liberator, selon l'historienne du textile Roben Campbell.

L'intérêt pour les poupées noires datant de l'époque victorienne et du début du XXe siècle a augmenté dans la dernière décennie, a-t-elle poursuivi.

Et cette popularité est en partie due à l'exposition de 2007 sur les poupées fabriquées entre 1870 et 1930, tirées de la collection personnelle de l'antiquaire Pat Hatch, de Harvard au Massachusetts, a indiqué Mme Stamps.

Mme Campbell avait fait office de conservatrice pour l'exposition, tandis que Mme Stamps et d'autres membres de l'organisation Black/Gold Doll Club de la Nouvelle-Anglettere ont donné un coup de main, a raconté Mme Stamps.

L'exposition en cours à La Nouvelle-Orléans comprend des poupées antiques et contemporaines issues de la collection de M. Hatch, de la sienne et d'une demi-douzaine d'autres collectionneurs.

Certaines poupées «topsy-turvy», datent du tournant du dernier siècle. Elles n'ont pas de jambes mais deux têtes, l'une blanche et l'autre noire, et une jupe doublée permet d'en montrer une à la fois.

Ces poupées étaient fabriquées par des femmes noires travaillant pour des familles blanches, et la tête affichée dépendrait de la couleur de la peau des adultes dans la salle, a expliqué Mme Stamps.

«Les enfants, qu'ils soient noirs ou blancs, jouaient avec ces poupées. Mais c'était un peu comme s'ils n'étaient vraiment pas censés jouer entre eux», a-t-elle poursuivi.

Mme Stamps a créé l'une des sept expositions spéciales tenues pendant la semaine au congrès.

Parmi les autres figurent les poupées représentant la reine Élizabeth II, de son enfance à son jubilé, de même que certaines du jubilé de diamant de son arrière-grand-mère, la reine Victoria. On compte aussi des oeuvres de l'artiste Susan Beatrice Pearse, qui peint fréquemment des petites filles jouant avec des poupées, d'autres de l'histoire de la Louisiane et des poupées de l'amitié, envoyées par le Japon aux États-Unis en 1927.

Mme Campbell a raconté que lorsqu'elle avait commencé à préparer l'exposition, en 2005, elle avait du multiplier les recherches pour retracer de l'information sur les poupées noires.

Les toutes premières à avoir été vendues pour The Liberator remontent au début des années 1840, et étaient fabriquées par une femme afro-américaine ayant enseigné la couture à de jeunes enfants noirs de Salem, au Massachusetts. Les femmes noires et blanches se côtoyaient au travail dans cette société matriarcale anti-esclavagiste, a relaté Mme Campbell.

L'auteure des Quatre filles du docteur March, Louisa May Alcott, possédait d'ailleurs l'une de ces poupées lorsqu'elle était enfant, et il est fort probable qu'elle eut été achetée par son père, Bronson Alcott, fervent abolitionniste, a-t-elle poursuivi.

Les poupées noires des années 1870 à 1890 peuvent rapporter des centaines, voire des milliers de dollars, a expliqué Stuart Holbrook, président de la maison de vente aux enchères Theriault's Antique Doll Auctions, d'Annapolis au Maryland.

La maison a enregistré des ventes de 2,5 millions $ dans une double vente aux enchères à La Nouvelle-Orléans; 1,2 million $ dimanche dernier pour 900 items d'un musée de jouets à Davos, en Suisse, et un autre 1,3 million $ lundi pour quelque 300 poupées anciennes.

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