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Une simple pénalité met fin à l'aventure olympique du judoka Sergio Pessoa

28/07/2012 08:53 EDT | Actualisé 27/09/2012 05:12 EDT

LONDRES - Sergio Pessoa s'attendait à un combat serré et le Montréalais de 23 ans a livré un combat serré, samedi, à l'occasion de la première journée des épreuves de judo aux Jeux olympiques de Londres.

Au bout du compte, c'est une pénalité écopée en fin de prolongation qui aura provoqué son élimination dès le premier tour.

Le judoka de 60 kg s'est incliné par décision des juges devant le Kazakh Yerkebulan Kossayev. Ce dernier, qui a notamment remporté la compétition d'Abou Dhabi en octobre dernier, a vu les trois juges lui accorder la décision à la suite d'un combat où aucun point n'a été marqué.

Malgré la déception qu'on pouvait facilement lire sur son visage assombri, l'athlète de 1,67 m a généreusement commenté sa courte journée de travail dans les minutes qui ont suivi sa défaite. Il a notamment reconnu qu'il l'aurait sans doute emporté s'il s'était montré encore plus actif pendant le combat. Quand même, il ne regrettait pas l'approche qu'il avait choisi d'adopter.

«(Kossayev) préconise un judo fermé, mais je ne voulais pas trop m'ouvrir car je savais qu'il est quand même très dangereux quand il attaque. Vers la fin, j'ai ouvert mon judo, c'est juste qu'il ne restait pas assez de temps pour aller le projeter», a commenté Pessoa.

Comme l'a noté Sergio Pessoa père, l'entraîneur de son fils, la victoire aurait pu aller d'un côté comme de l'autre à l'issue d'un «combat vraiment serré» où le moindre «petit détail» risquait de faire la différence. C'est ce qui est arrivé.

Pessoa a reçu un carton jaune à 2:18 de la prolongation. Même si cette décision n'a pas donné de point à Kossayev, elle a fait pencher la balance en faveur du Kazakh.

«Jusque-là, j'estimais que je lançais assez d'attaques, plus que lui en tout cas, et si ça se terminait comme ça, je gagnais c'est sûr, a avancé Pessoa fils. Je ne paniquais pas, je savais où le combat s'en allait.»

Selon le sommaire officiel du combat, l'arbitre a sanctionné l'attitude trop défensive du Montréalais d'origine brésilienne, mais celui-ci s'est plutôt fait dire qu'il avait été puni pour avoir simulé une attaque sans la compléter.

«Peut-être qu'on n'aurait pas dû me punir parce que j'ai fait d'autres attaques comme ça avant sans qu'on impose une sanction, a dit Pessoa, en ajoutant que ce n'est pas son genre de feindre des attaques. Chaque fois que j'attaque, c'est parce que c'est bien pensé.

«Ma performance était bonne, a-t-il par ailleurs noté. Je n'ai pas fait d'erreur. La seule erreur que j'ai fait, peut-être, c'est d'y aller avec la même technique plusieurs fois, et c'est ce qui a possiblement incité l'arbitre à me donner la pénalité.»

Pessoa père, lui, était d'avis que la pénalité était méritée.

«Sergio a fait plusieurs attaques comme ça pendant les cinq premières minutes, et c'étaient de bonnes attaques. Mais à cause de la fatigue, il s'est moins déplacé sur cette attaque-là et l'arbitre a jugé que c'était une faute.»

Les deux Pessoa étaient tous deux d'avis que Kossayev aurait dû être pénalisé lui aussi, pour manque de combativité dans son cas.

«Après la deuxième minute, c'est Sergio qui contrôlait plus le combat, qui attaquait plus», a dit Pessoa père.

«J'ai quand même fait un bon combat, j'ai fait de bonnes attaques alors qu'il n'en lançait pas beaucoup en début de combat, a dit Pessoa fils à propos d'un affrontement où les deux concurrents ont été très habiles à neutraliser les initiatives de leur opposant. On aurait pu se retrouver à égalité après la prolongation. J'ai tout donné, j'ai fait un bon combat, je me sentais bien.»

Pessoa a vite été éliminé de la compétition alors qu'il était considéré comme un des meilleurs espoirs de médaille au sein de l'équipe canadienne de judo. Il était néanmoins classé 22e parmi les judokas inscrits chez les 60 kg, soit deux rangs derrière Kossayev.

«Je n'étais pas parmi les huit premiers, alors je me sentais comme un négligé en arrivant ici. Mais j'avais envie de pousser la machine, je rêvais de monter sur le podium aujourd'hui, a affirmé Pessoa fils. Je suis triste, ce n'est pas facile de venir ici, après une longue préparation, et d'arrêter au premier tour même si je m'attendais à ce que tous mes combats soient serrés comme l'a été celui-là.

«C'est une déception, mais on va continuer le travail», a-t-il ajouté en pensant aux Jeux d'été de 2016.

Victime d'une dislocation de la hanche en décembre 2010 et d'une déchirure ligamentaire au genou gauche en juin 2011, Pessoa s'est dit complètement remis de ces blessures et n'a pas voulu s'en servir comme excuse.

«J'étais à 100 pour cent et mon cardio était bon. C'est sûr que je n'avais plus beaucoup d'énergie à la fin, mais lui non plus. Je me sentais quand même bien, a-t-il indiqué, en précisant qu'il n'a pas été dérangé par l'ampleur des JO. J'étais dans ma bulle. J'étais bien concentré pendant mon combat.»

Pessoa père était toutefois d'avis que, même si les blessures de son fils sont désormais guéries, celui-ci n'a pu revenir au sommet de sa forme à temps pour les Jeux de Londres.

«Le simple fait de se qualifier pour les Jeux n'a pas été une tâche facile pour lui. Ici il était bien, il était bien préparé mais son sommet, il va l'atteindre en 2013», a dit l'entraîneur en faisant allusion aux championnats du monde qui auront lieu au mois d'août 2013 à Rio de Janeiro.

Plaisante coïncidence, Pessoa fils est né au Brésil.

«Gagner là-bas, ce serait encore mieux», a lancé Pessoa père.

Entre-temps, sept autres judokas canadiens restent en lice aux JO de Londres. Les épreuves de judo se poursuivront jusqu'à vendredi.

C'est le Russe Arsen Galstyan qui a mis la main sur la médaille d'or des 60 kilos en l'emportant contre un des favoris, le Japonais Hiroaki Hiroaka. Galstyan l'a emporté contre son adversaire en moins d'une minute grâce à un ippon, l'équivalent d'un K.-O.

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