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Tunisie: le paiement de salaires fait baisser la tension à Sidi Bouzid

28/07/2012 10:26 EDT | Actualisé 27/09/2012 05:12 EDT

La tension était descendue d'un cran samedi à Sidi Bouzid où les ouvriers privés de salaires ont eu gain de cause après les troubles qui ont secoué jeudi cette ville, berceau de la révolution dans le centre-ouest tunisien, a constaté un correspondant de l'AFP.

Les travailleurs ont commencé à percevoir leurs salaires dès vendredi, les autorités ayant fait parvenir d'urgence de l'argent liquide à Sidi Bouzid en attendant de mettre en place un paiement par mandat postal électronique, ont indiqué des responsables locaux.

Le gouvernement a de son côté annoncé que les indemnités des "ouvriers de chantiers", destinées en fait à donner un moyen de subsistance aux plus démunis, seraient réglées dans toute la Tunisie avant la fin de la semaine.

Samedi à Sidi Bouzid, des hommes et des femmes continuaient de faire la queue devant les délégations (sous-préfectures) pour toucher une partie de leurs impayés, le reste devant être perçu par mandat postal.

Privés de salaire depuis plusieurs semaines, ces ouvriers ont d'abord réclamé leur dû pacifiquement avant de protester violemment jeudi provoquant des heurts avec les forces de l'ordre.

Soutenus par les habitants, ils ont mis à sac le local du parti islamiste Ennahda qui dirige le gouvernement et tenté d'incendier le gouvernorat (préfecture), à l'endroit même où Mohamed Bouazizi le vendeur ambulant s'était immolé le 17 décembre 2010 pour protester contre la saisie de sa marchandise.

Son suicide avait déclenché un soulèvement populaire qui a conduit un mois plus tard à la chute de l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali.

Le montant alloué à Sidi Bouzid s'èlève à 2,4 millions de dinars (1,2 million d'euros) pour près de 12.000 personnes inscrites sur la liste dite des "ouvriers de chantiers".

De 13.000 en 2010, le nombre de Tunisiens inscrits sur cette liste est passé à 60.000, puis à 100.000 en 2012 pour un budget consacré de quelque 150 millions de dinars (75 millions d'euros).

Ce système d'emploi quasi-fictif est de plus en plus critiqué par les experts.

"C'est un cancer laissé par le gouvernement précédent, certains en ont besoin, d'autres en ont abusé", a expliqué à l'AFP Moncef Cheikhrouhou, économiste et vice-président de la commission des finances de l'Assemblée constituante.

Doublé par le gouvernement islamiste actuel, le salaire des ouvriers de chantiers se situe à environ 230 dinars (115 euros) mensuel pour 30 jours de travail comptés.

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