NOUVELLES

Tour de France - Vinokourov le vieux guerrier

28/07/2012 01:02 EDT | Actualisé 27/09/2012 05:12 EDT

A 38 ans, pour sa dernière saison dans le peloton, le Kazakh Alexandre Vinokourov a connu samedi l'apothéose de l'or olympique, un couronnement pour un coureur au courage légendaire mais à la réputation controversée.

Douze ans après l'argent des JO de Sydney (derrière Jan Ullrich) qui lui avait valu les plus grands honneurs dans son pays, "Vino" a affirmé l'étendue de son registre. Tempérament offensif, opportunisme, intelligence de course et aussi sens du calcul, pour se jouer de son compagnon d'échappée, le Colombien Rigoberto Uran.

Depuis son contrôle antidopage positif du Tour de France 2007 (transfusion sanguine), "Vino" a cherché à rétablir son honneur. Longtemps, il a suscité l'admiration du public pour sa volonté inébranlable, son caractère indestructible, son sens du panache, mis au service de l'équipe d'Ullrich (T-Mobile) après ses débuts professionnels dans la formation française de Vincent Lavenu.

A son retour de suspension, ce coureur tout-terrain, aussi fort dans les classiques (il a gagné deux fois Liège-Bastogne-Liège) que dans les courses par étapes (Vuelta, Paris-Nice, Dauphiné), a repris sa place dans l'équipe Astana dont il avait été à l'origine de la création en 2006.

Même si ce rang lui a été contesté dans un conflit interne qu'il a surmonté l'été dernier, malgré sa grave chute du Tour de France 2011 (fracture du fémur droit), en prolongeant d'un an sa carrière... afin que son groupe reste en première division et qu'il puisse disputer les JO.

"J'ai regagné mon image et c'est ça qui me manquait, affirmait l'année passée le Kazakh aux cheveux blonds coupés très courts. Je suis revenu et j'ai montré aux gens que je pouvais encore gagner. Comme j'avais fait beaucoup d'efforts pour revenir, je me suis dit que j'allais encore faire un an pour obtenir la cerise sur le gâteau".

Le Monégasque d'adoption a mangé la cerise et même le gâteau tout entier, sur le "Mall" de Londres. Six jours après la fin d'un Tour de France dans lequel il n'a pu porter, ne serait-ce qu'une journée, le maillot jaune de ses rêves. Mais l'or olympique est beaucoup plus qu'une consolation pour le Kazakh, symbole du cyclisme dans son pays et appelé à jouer un rôle cadre dans sa formation.

Car, à lui seul, "Vino" symbolise une époque. Adolescent, il intègre l'école des sports d'Almaty, à plusieurs milliers de kilomètres de chez lui, un village situé dans le nord du pays aux portes de la Sibérie. Il part ensuite en Europe et, par ses résultats et son charisme caché derrière une voix presque inaudible conquiert son pays. Jusqu'à devenir l'ami des ministres et du tout-Etat sensible au patriotisme de "Vino", aujourd'hui le premier champion olympique du cyclisme kazakh.

jm/el

PLUS:afp