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Syrie: l'armée lance une contre-offensive pour reprendre des secteurs d'Alep

28/07/2012 05:48 EDT | Actualisé 27/09/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - L'armée syrienne, qui bombarde Alep depuis plusieurs jours, a lancé samedi une contre-offensive pour reprendre les quartiers sous contrôle de l'insurrection dans la ville la plus peuplée de Syrie.

Selon des militants de l'opposition sur place et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les combats étaient extrêmement violents, l'armée syrienne étant déterminée à écraser l'insurrection. D'après l'OSDH, 22 personnes, essentiellement des civils, ont été tuées dans les combats samedi. Le bilan estimé des victimes pour la semaine passée à Alep est de 162, un chiffre qui n'inclut pas les soldats du régime qui ont perdu la vie.

L'offensive des forces gouvernementales, qui avaient acheminé depuis plusieurs jours des renforts importants, a débuté samedi avant l'aube par le pilonnage de plusieurs quartiers, selon l'OSDH.

Des véhicules blindés ont fait ensuite mouvement au sol, appuyés par des hélicoptères d'attaque, ajoute l'OSDH qui dispose d'un réseau de militants sur le terrain. Les combats se concentraient autour du quartier de Saladin, dans le sud-ouest d'Alep, un des premiers secteurs dont se sont emparés les insurgés la semaine dernière.

Les hélicoptères syriens mitraillaient les environs. Les insurgés étaient également confrontés à des barrages d'artillerie, tandis que des blindés tentaient d'entrer dans le quartier. La contre-offensive des forces syriennes a commencé et des combats se déroulaient dans d'autres secteurs d'Alep, d'après un militant sur place, Mohammed Saïd. Les forces syriennes, selon lui, «n'ont pas encore réussi, Dieu merci, à entrer dans un des quartiers» tenus par l'insurrection.

Un millier d'insurgés de l'Armée syrienne libre sont arrivés en renfort, a-t-il précisé. La télévision officielle syrienne, dans un rare commentaire sur la situation à Alep, a de son côté affirmé que les forces syriennes avaient infligé de lourdes pertes aux «terroristes». Le quotidien pro-gouvernemental Al-Watan parlait de son côté de la «mère de toutes les batailles».

L'envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, a exprimé son inquiétude samedi concernant la dégradation de la situation à Alep.

«Je rappelle aux parties de ce conflit leurs obligations en vertu des lois internationales et des droits de la personne, et les exhorte à exercer une retenue et à éviter tout autre déversement de sang», a-t-il déclaré.

Vendredi, le Haut commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Navi Pillay, avait elle aussi fait part de son «inquiétude profonde» face aux menaces qui pèsent sur les civils à Alep. Selon des informations non confirmées en provenance de la capitale Damas, a-t-elle expliqué, des civils ont été victimes d'exactions, d'exécutions sommaires et de tireurs embusqués lors de combats dans la banlieue de Damas.

«Il va sans dire que le plus grand recours à des armes lourdes, blindés, hélicoptères d'attaques, voire d'après certaines informations à des avions de chasse dans des zones urbaines, a déjà causé de nombreuses victimes civiles et fait peser un grave risque sur de nombreuses autres personnes», a-t-elle souligné dans un communiqué lu à la presse à Genève par son porte-parole, Rupert Colleville.

«Tout ceci, combiné à la concentration de forces dans et autour d'Alep, est de mauvais augure pour la population de cette ville», a prévenu Navi Pillay. À Paris, le ministère français des Affaires étrangères a de nouveau appelé le régime syrien à «cesser de tuer sa propre population. C'est une raison supplémentaire pour laquelle nous demandons le départ de Bachar al-Assad qui prépare une nouvelle tuerie à Alep».

La Russie, alliée indéfectible du régime de Damas, dit elle-même redouter une «tragédie» à Alep.

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