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L'haltérophile Christine Girard a quelques soucis à 3 jours de sa compétition

28/07/2012 04:48 EDT | Actualisé 27/09/2012 05:12 EDT

LONDRES - L'haltérophile Christine Girard représente l'un des grands espoirs de médaille du Canada aux Jeux olympiques de Londres et dans un monde idéal, elle profiterait de conditions optimales à l'approche de l'épreuve féminine des 63 kg, qui sera disputée mardi. Mais ce ne sera pas tout à fait le cas.

La Québécoise de 27 ans a de quoi se réjouir compte tenu qu'elle vient de tenir un camp d'entraînement de 15 jours à Dunkerque, en France, dans une atmosphère préolympique. Et dimanche matin, ses parents Gaétan et Aline arriveront à Londres en provenance de Rouyn-Noranda. Ils assisteront à leurs premiers Jeux, n'ayant pas fait le voyage à Pékin, en 2008, quand leur fille avait terminé en quatrième place.

Depuis les derniers championnats du monde, Girard a aussi trouvé la bonne combinaison au chapitre du coaching avec l'embauche de Guy Marineau et Jeane Lassen, et ceux-ci sont présents à Londres.

Sauf que son autre entraîneur, Walter Bailey — qui est aussi son mari —, pourrait être empêché de participer à sa compétition à cause de problèmes d'accréditation. Et Girard souffre présentement d'un mal à l'épaule qui nécessitera des soins particuliers d'ici mardi.

«J'ai un petit bobo à l'épaule, mais rien de trop grave. Je suis bien encadrée avec l'équipe canadienne, alors tout devrait rentrer dans l'ordre», a-t-elle indiqué lors d'un entretien avec La Presse Canadienne, samedi, quelques minutes après avoir eu droit à un massage thérapeutique à l'épaule gauche à la conclusion de son entraînement.

La physiothérapie et les traitements de glace devraient suffire pour permettre à Girard de lever les poids désirés, mardi. Reste que ce sera quand même un aspect à surveiller de près, a reconnu celle qui pratique l'haltérophilie depuis 17 ans.

«En haltéro, il faut stabiliser les charges au-dessus de la tête, alors les épaules jouent un rôle très important et il faut qu'elles aillent bien, a-t-elle expliqué. Il va falloir modifier les derniers entraînements en conséquence, mais ça devrait bien aller.»

L'absence de Bailey pourrait être une distraction puisque celui-ci devait veiller à l'aspect stratégique le jour de la compétition, de concert avec Marineau.

«On ne sait pas encore si Walter va pouvoir être à la compétition, alors c'est l'inquiétude qu'on a à ce niveau-là. C'est difficile d'obtenir des cartes d'accréditation. On travaille là-dessus», a expliqué Girard, qui a accepté de s'installer à White Rock afin d'être auprès de son mari après que celui-ci eut été affecté à un poste au sein de la GRC en Colombie-Britannique.

Girard a assuré qu'elle restera sereine même si on devait obliger son mari à rester dans les gradins.

«J'ai confiance en Guy, je sais qu'il va bien faire son travail. Si Walter est là, il va pouvoir contribuer aux décisions au niveau des poids et s'occuper de petits aspects que Guy ne connaît pas, mais je suis convaincue que ça va bien aller même s'il n'est pas là», a-t-elle affirmé.

Girard a par ailleurs plusieurs raisons d'être optimiste. Marineau l'est, en tout cas.

«On a fait une compétition-test il y a environ un mois et Christine a réussi 136 kg à l'épaulé-jeté, alors que le record olympique est de 135, a indiqué le vétéran entraîneur qui est propriétaire d'une ferme dans la région de Lachute. Je pense qu'elle est vraiment prête. Elle a tout mis ce qu'il fallait pour aller chercher sa médaille.»

«Mon objectif, c'est de réaliser mes meilleures performances à vie à tous les niveaux en compétition (à l'arraché, à l'épaulé-jeté et au total), ce qui me permettrait d'établir des records canadiens et des records personnels, a déclaré Girard. Mon meilleur résultat à l'arraché en compétition est de 106 kg et de 108 kg à l'entraînement, donc j'aimerais réussir quelque chose entre ces deux poids-là. À l'épaulé-jeté, mon record personnel est de 136, donc je voudrais égaler ça et peut-être même le dépasser.

«C'est ce que je vise et j'espère de tout coeur que ça va donner un podium.»

Girard a eu droit à un traitement royal en France, où elle a pu disposer à sa guise d'installations adaptées à l'haltérophilie pendant son séjour là-bas. La ville de Dunkerque a d'ailleurs fait des efforts financiers importants pour attirer des olympiens de différents pays et de plusieurs disciplines afin qu'ils viennent y faire leurs derniers préparatifs avant les JO.

«Les installations étaient exceptionnelles, elles étaient toutes nouvelles. Dans mon cas, ils ont fermé le club pour qu'on ne soit pas dérangé, on avait même les clés, a raconté Girard. Ailleurs en ville, il y avait notamment l'équipe de lutte féminine de la Russie et l'équipe de natation de France, et on logeait tous dans le même hôtel. Ça donnait une bonne ambiance. C'était vraiment bien.»

Girard en a alors profité pour apporter les dernières retouches à sa préparation.

«À ce stade, c'est le moment de peaufiner la technique. On s'arrange pour que tous les morceaux, sur lesquels on avait travaillé séparément pendant l'année, s'assemblent bien», a expliqué celle qui n'a plus maintenant qu'à perdre les quelques grammes nécessaires pour arriver sous les 63 kg d'ici mardi.

Girard aura aussi l'avantage d'être à ses deuxièmes Jeux olympiques, ce qui devrait alléger son fardeau au chapitre mental.

«Je trouve que l'ambiance est très différente cette fois. Je ne sais pas si c'est parce que j'ai vieilli de quatre ans et que je le vis différemment, mais je suis beaucoup plus heureuse d'être ici, je me sens plus prête, plus en contrôle. En Chine, tout semblait grandiose et irréel. Maintenant, je me sens beaucoup plus dans le réel et dans l'action.»

Ces sensations positives seront renforcées par la présence de ses parents et de ses beaux-parents.

«Je suis vraiment surprise que mes parents aient décidé de venir, parce qu'ils n'ont jamais vraiment voyagé. Qu'ils prennent la peine de venir ici, pour moi ça représente vraiment beaucoup», a indiqué Girard.

Gaétan et Aline Girard n'en sont pas à leur premier témoignage d'amour du genre, par contre.

«Ils ont toujours été mes plus grands fans et ils sont d'ailleurs venus pendant 10 jours à White Rock pour refaire mon garage en gymnase d'entraînement. Ils avaient amené une valise pleine d'outils avec eux.»

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