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Les Roumains invités à se prononcer par référendum pour ou contre la destitution du président Basescu

28/07/2012 10:55 EDT | Actualisé 27/09/2012 05:12 EDT

BUCAREST, Roumanie - Les Roumains sont appelés à se prononcer dimanche par référendum pour ou contre la destitution du président Traian Basescu, accusé par ses opposants d'avoir violé la Constitution en s'immisçant dans les affaires du gouvernement, en favorisant ses proches et en se servant des puissants services secrets contre ses ennemis.

Le président roumain, 60 ans, affirme pour sa part que cette procédure de destitution est une vendetta politique fomentée par ses adversaires qui veulent prendre le contrôle des fonds européens et du système judiciaire du pays.

Cette agitation politique a entamé la crédibilité de la Roumanie, les Etats-Unis et l'Union européenne exprimant des doutes sur le respect de l'indépendance de la justice par le gouvernement de cohabitation actuel, opposé à M. Basescu. Certains accusent le Premier ministre Victor Ponta, lui-même en proie à de nombreuses critiques, d'orchestrer cette manoeuvre pour essayer de s'emparer du pouvoir.

L'instabilité politique s'est installée dans le pays quand M. Ponta est devenu Premier ministre le 7 mai dernier, après la chute de deux gouvernements pro-Basescu. Son gouvernement a rapidement pris des mesures pour destituer les présidents des deux chambres du Parlement et les remplacer par des membres de la coalition gouvernementale. Le Parlement a ensuite suspendu M. Basescu lui-même.

Selon des observateurs, M. Ponta utilise les mêmes tactiques qu'à l'époque du communisme. "Pendant l'ère communiste, les gouvernements comptaient sur la force et la peur pour exercer leur autorité plutôt que sur un processus démocratique et sur la séparation constitutionnelle de l'exécutif et du judiciaire", estime Nick Hammond, un avocat britannique qui réside depuis longtemps en Roumanie.

Traian Basescu, qui a facilement survécu à un référendum visant -déjà- à le destituer en 2007, fait désormais face au combat politique le plus dur de sa vie, alors que la popularité dont il jouissait il y a cinq ans auprès des électeurs a disparu aujourd'hui.

"Je pense que Basescu devrait partir, il a trahi notre confiance et il a trop menti", affirme Malin Petrica, un agent de sécurité de 65 ans.

La dernière crise en date a été déclenchée en juin dernier après que l'ex-Premier ministre Adrian Nastase, un adversaire de longue date du président Basescu, a été emprisonné pour deux ans en raison d'accusations de corruption. Cela a suscité des tensions, et les adversaires politiques de M. Basescu auraient alors, avec l'objectif de se venger, comploté pour l'évincer.

Essayant de rester au pouvoir, Traian Basescu s'est excusé pour son franc-parler et ses propos parfois grivois. Il a exhorté ses partisans à boycotter le référendum de dimanche afin de l'invalider par une faible participation (moins de 50 pour cent).

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