NOUVELLES

Le temps n'est plus un facteur pour Despatie qui conjugue sa vie au présent

28/07/2012 02:55 EDT | Actualisé 27/09/2012 05:12 EDT

LONDRES - Le temps n'est plus un facteur pour Alexandre Despatie, à quelques jours d'effectuer sa rentrée aux Jeux olympiques, mercredi. Le plongeur âgé de 27 ans a même dit avoir perdu la notion du temps, tant il se concentre à conjuguer sa vie au présent.

Et, pour l'instant, il s'estime simplement choyé d'être à Londres parce qu'il s'en est fallu de peu pour qu'il rate le rendez-vous quadriennal.

«Vous pouvez me poser la question 100 fois au sujet de mes attentes, je n'aurai aucune réponse à vous donner, a-t-il affirmé. La situation a tellement été chamboulée pour moi dernièrement que j'ai perdu toute notion de temps. Je ne pense pas au résultat, ni à la fin de l'épreuve ou à la fin des Jeux.

«Je veux simplement plonger, me sentir bien, être à l'aise, et retrouver ma confiance avec le temps qu'il reste. Je veux savourer pleinement mes Jeux parce que je suis très chanceux d'être ici quand on y pense.»

Les médecins lui ont dit après l'accident qu'il a subi à l'entraînement en Espagne, le 12 juin, que si sa tête avait heurté le plongeoir un centimètre plus bas au front, il aurait subi une bien plus grave commotion cérébrale.

«On m'aurait mis au repos complet pendant au minimum un mois et je serais chez moi actuellement, a-t-il argué. L'aspect positif, c'est que j'ai été victime d'une légère commotion.»

Cela dit, Despatie a confié que la blessure était plus sérieuse qu'il l'avait fait savoir en point de presse à Montréal, le 5 juillet. Il a expliqué n'avoir volontairement pas fourni tous les détails afin de ne pas dramatiser la situation.

«Je voulais tourner la page et me remettre vite à l'entraînement, a-t-il expliqué. Même aujourd'hui, je n'ai aucune idée de ce que je vais faire avec mes cheveux et ma cicatrice. C'est le moindre de mes soucis.»

Six semaines après l'accident, il a assuré être en bonne forme et avoir un bon moral. Il lui reste surtout à rebâtir sa confiance, même s'il a franchi une grande barrière psychologique à Rome, le 13 juillet, en tentant pour la première fois le saut qui a provoqué sa blessure _ triple périlleux et demi retourné. Il l'a tenté de nouveau plusieurs fois sans avoir été envahi par la crainte.

«J'ai eu peur la première fois, ce n'est pas surprenant, a-t-il mentionné. J'étais très concentré sur ce que je devais faire. Comme je ne me rappelle rien de l'accident, c'est facile d'être concentré sur les mouvements techniques que je dois effectuer.»

Manque de préparation ou pas, on ne doit jamais décompter Despatie qui a déjà livré de grandes performances dans des situations peu commodes. S'il est dans une excellente journée, ses adversaires en auront plein les bras.

«J'ai été capable dans le passé de 'performer' malgré une forme ordinaire. La clé, a-t-il répété, c'est de rester concentré sur ce que je dois faire avant et pendant l'épreuve, de tasser toutes les distractions. Je réussis à bien le faire jusqu'à maintenant.

«Tout est possible dans le sport. Un jour donné, le meilleur au monde peut éprouver des problèmes. Moi, je dois continuer de travailler.

«Le coeur y est, j'aime ce que je suis en train de vivre, a-t-il enchaîné. J'aime le défi que j'ai à relever. Je ne dis pas que c'en est un facile ou que tout est beau. Les Jeux olympiques, c'est ça, le dépassement de soi dans des conditions difficiles inhabituelles.»

Au point où il en est dans son rattrapage, il a mentionné qu'un mois de plus de préparation ne ferait pas la différence.

«Deux semaines, un mois, ce serait jamais assez. J'essaie de faire du mieux avec le temps à ma disponibilité. Si je me dis qu'il me reste quatre jours, je vais paniquer. Physiquement, je me sens bien et psychologiquement ça s'en vient. Tranquillement pas vite, je bâtis à chaque jour d'entraînement.»

L'objectif est de rester concentré sur ce qu'il doit faire au quotidien _ de «rester dans le moment présent», comme il l'a martelé _ jusqu'à sa première journée de compétition, le 2 août.

«C'est la meilleure façon pour moi de me préparer, la seule pour que je puisse passer au travers de ces jeux-là et être satisfait de ma performance.»

Il s'est dit heureux d'amorcer les Jeux au tremplin de trois mètres, en synchro, quelques jours avant le début du concours individuel le 6 août.

PLUS:pc