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L'armée syrienne a lancé son assaut à Alep

28/07/2012 03:17 EDT | Actualisé 26/09/2012 05:12 EDT

Les forces du régime de Bachar al-Assad ont lancé samedi à coups de bombardements leur contre-offensive pour déloger les rebelles à Alep, deuxième ville de Syrie et enjeu crucial du conflit.

Plusieurs pays occidentaux et l'ONU avaient exprimé leur préoccupation face à la perspective de cet assaut, Washington évoquant la possibilité d'un nouveau "massacre" dans ce pays ensanglanté par 16 mois de violences déclenchées par la répression d'un mouvement de contestation inédit contre le régime.

Les renforts qui se massent depuis des jours aux abords d'Alep (nord) se sont dirigés vers le quartier Salaheddine, "qui compte le plus grand nombre de rebelles", a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH, ajoutant: "On peut dire que l'assaut a commencé".

Un correspondant de l'AFP a constaté que ce quartier du sud-ouest était encerclé et bombardé depuis 08H00 du matin (05H00 GMT) par l'armée qui dépêchait des soldats à pied dans cette ville de 2,5 millions d'habitants.

Selon l'OSDH et des militants, des combats se déroulaient aux entrées de Salaheddine, ainsi que dans plusieurs quartiers de la capitale économique du pays, bombardés et survolés par des hélicoptères.

Il s'agit des "combats les plus violents depuis le début de la révolte", d'après l'OSDH, une organisation basée en Grande-Bretagne qui appuie ses informations sur un réseau de militants sur place.

L'assaut a été donné plus d'une semaine après l'ouverture de ce nouveau front le 20 juillet, l'armée ayant pu reprendre le dessus dans la capitale Damas qui a également connu de violents combats dans les quartiers hostiles au régime Assad.

Ailleurs dans le pays, l'armée tentait de prendre d'assaut la région de Lajjate, dans la province de Deraa (sud). Près de Hama (centre), la localité de Karnaz était assiégée et pilonnée par l'armée qui bombardait également des quartiers de Homs (centre), selon l'OSDH.

Depuis quelques jours à Alep, l'armée pilonnait des quartiers rebelles en attendant des renforts en vue de reprendre cette ville située à 355 km au nord de Damas.

Les renforts sont "quasiment au complet" en vue d'une contre-offensive, avait affirmé vendredi à l'AFP une source des services de sécurité. Mais les rebelles se sont installés dans des ruelles très étroites, "ce qui rendra difficile la bataille".

Un journal proche du régime syrien avait parlé jeudi de "La Mère de toutes les batailles" en évoquant celle d'Alep.

Selon des informations recueillies par un correspondant de l'AFP sur place, les rebelles n'ont lancé aucune opération importante depuis deux jours, économisant leurs quelques munitions de roquettes antichars de type RPG.

Selon le correspondant de l'AFP, les habitants ont désormais de grandes difficultés à se ravitailler en pain. De nombreux civils ont trouvé refuge dans les sous-sols des maisons, tandis qu'un mouvement d'exode était noté dans certains quartiers comme al-Soukkari (sud).

La bataille d'Alep est "extrêmement importante pour les deux parties", a souligné Ignace Leverrier, ancien diplomate français ayant été en poste en Syrie.

"Pour le régime, c'est une ville commerciale dans laquelle il a beaucoup d'alliés, notamment parmi les hommes d'affaires sur lesquels il compte pour financer une partie de son effort de guerre", a-t-il dit.

"Pour les rebelles, la ville est la clé de la Syrie du Nord", a ajouté l'expert. "En la prenant, ils (...) pourront assurer enfin la zone protégée réclamée depuis des mois par la révolution syrienne pour pouvoir soigner ses blessés et donner refuge aux déserteurs et à leurs familles".

"En accumulant les moyens militaires lourds autour d'Alep, Bachar s'apprête à commettre de nouvelles tueries contre son peuple", a dénoncé vendredi le ministère français des Affaires étrangères.

Les Etats-Unis, qui avaient déclaré redouter un massacre, ont condamné par avance une "agression haïssable et répréhensible des forces d'Assad contre ce centre de population civile".

A travers la Syrie, la répression et les combats ont fait samedi 13 morts, 8 rebelles et cinq civils, et vendredi plus de 150 morts, selon l'OSDH, alors que les victimes se comptent par dizaines tous les jours dans le pays.

Depuis le début de la révolte en mars 2011, plus de 19.000 personnes ont péri selon l'OSDH.

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