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L'armée syrienne a lancé sa contre-offensive à Alep

28/07/2012 01:50 EDT | Actualisé 26/09/2012 05:12 EDT

Les forces du régime de Bachar al-Assad ont lancé samedi leur assaut contre les rebelles à Alep, deuxième grande ville de Syrie dont le contrôle est un enjeu crucial du conflit, selon une ONG syrienne.

Plusieurs pays occidentaux et l'ONU avaient exprimé leur préoccupation face à la perspective de cet assaut, Washington évoquant la possibilité d'un nouveau "massacre" dans ce pays ensanglanté par 16 mois de violences déclenchées par la répression d'un mouvement de contestation inédit contre le régime.

Les renforts qui se massent depuis des jours aux abords de la métropole du Nord "se dirigent vers le quartier Salaheddine, qui compte le plus grand nombre de rebelles", a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH.

"Les combats les plus violents depuis le début de la révolte ont lieu dans plusieurs quartiers", a-t-il précisé, ajoutant: "On peut dire que l'assaut a commencé".

Les Comités locaux de coordination (LCC), qui animent la contestation sur le terrain, ont rapporté que des combats se déroulaient à la périphérie de Salaheddine, situé dans le sud-ouest de la capitale économique du pays.

La Commission générale de la révolution syrienne, autre réseau de militants, faisait également état de renforts de l'armée à Salaheddine "au milieu de tirs nourris de mitrailleuse lourde" et de combats entre loyalistes et rebelles.

L'assaut a été donné plus d'une semaine après l'ouverture de ce nouveau front le 20 juillet, l'armée ayant pu reprendre le dessus dans la capitale Damas qui a également connu de violents combats dans les quartiers hostiles au régime Assad.

Depuis quelques jours, l'armée, appuyée par des hélicoptères et des chars, avait pilonné plusieurs quartiers rebelles et envoyé des renforts en vue de reprendre cette ville située à 355 km au nord de Damas.

Les renforts sont "quasiment au complet" en vue d'une contre-offensive, avait affirmé vendredi à l'AFP une source des services de sécurité. Mais les rebelles se sont installés dans de petites ruelles, "ce qui rendra difficile la bataille".

Un journal proche du régime syrien avait parlé jeudi de "La Mère de toutes les batailles" en évoquant cette d'Alep.

Selon des informations recueillies par un correspondant de l'AFP sur place, les rebelles n'ont lancé aucune opération importante depuis deux jours, économisant leurs quelques munitions de roquettes antichars de type RPG.

"Les civils ont quitté le quartier", a précisé à l'AFP un combattant à Salaheddine joint au téléphone.

Selon le correspondant de l'AFP, les habitants ont désormais de grandes difficultés à se ravitailler en pain.

La bataille d'Alep est "extrêmement importante pour les deux parties", a souligné Ignace Leverrier, ancien diplomate français ayant été en poste en Syrie.

"Pour le régime, c'est une ville commerciale dans laquelle il a beaucoup d'alliés, notamment parmi les hommes d'affaires sur lesquels il compte pour financer une partie de son effort de guerre", a-t-il dit.

"Pour les rebelles, la ville est la clé de la Syrie du Nord", a ajouté l'expert. "En la prenant, ils (...) pourront assurer enfin la zone protégée réclamée depuis des mois par la révolution syrienne pour pouvoir soigner ses blessés et donner refuge aux déserteurs et à leurs familles".

"En accumulant les moyens militaires lourds autour d'Alep, Bachar s'apprête à commettre de nouvelles tueries contre son peuple", a dénoncé vendredi le ministère français des Affaires étrangères.

Les Etats-Unis, qui avaient déclaré redouter un massacre, ont condamné par avance une "agression haïssable et répréhensible des forces d'Assad contre ce centre de population civile".

Londres a de son côté mis en garde contre "un désastre humanitaire" tandis que Rome appelle "tout le monde" à faire "monter la pression au maximum sur Assad pour éviter un nouveau massacre" à Alep.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a exhorté "le gouvernement syrien à arrêter l'offensive".

A travers la Syrie, la répression et les combats ont fait plus de 120 morts vendredi, selon l'OSDH, alors que les victimes se comptent par dizaines tous les jours dans le pays.

Depuis le début de la révolte en mars 2011, plus de 19.000 personnes ont péri selon l'OSDH.

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