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JO: l'essentiel pour la Russie est de rester une grande puissance sportive

28/07/2012 11:06 EDT | Actualisé 27/09/2012 05:12 EDT

La Russie, qui se prépare à organiser les jeux Olympiques d'hiver de Sotchi de 2014, espère que les JO de Londres renforceront son statut de grande puissance du sport acquise du temps de l'URSS après qu'une série de déconvenues ont blessé son orgueil national.

La grande majorité des Russes d'âge adulte ont vécu au rythme des médailles accumulées par les athlètes soviétiques dans la plupart des disciplines et de l'hymne soviétique retentissant haut et fort tous les quatre ans.

Aujourd'hui, la musique de l'hymne russe est à nouveau la même que celle de l'hymne de l'URSS, depuis qu'un certain Vladimir Poutine, ex-agent du KGB devenu président, l'a fait rétablir en 2000. Mais les succès sportifs ne sont plus aussi impressionnants.

Il est désormais quasi-obsessionnel pour la Russie que les JO d'été se terminent par une place sur le podium au palmarès des médailles, derrière les Etats-Unis et la Chine. Le pire scénario étant de se retrouver reléguée à une humiliante (pour les Russes) quatrième place, coiffée au poteau par la Grande-Bretagne par exemple.

"Qui gagnera les JO au tableau des médailles? L'Amérique ou la Chine? Et qui sera troisième? La Russie ou la Grande-Bretagne? Ce sont des questions très importantes, et pour certains les principales", a indiqué le quotidien Sport Express.

Les commentateurs sportifs à la fibre très patriotique de la télévision russe vont appeler ces prochaines semaines à "soutenir nos gars" et les médailles d'or seront autant de triomphes nationaux.

Mais force est de constater que, depuis l'effondrement de l'URSS, les résultats aux JO de la Russie sont loin d'avoir été à la hauteur de ses ambitions.

Car si les Soviétiques ont fini premiers en 1988 à Séoul, avec 55 médailles d'or, la Russie n'en a obtenu, vingt ans après, que 23 à Pékin, ne parvenant qu'à la troisième place.

"Quand les dernières médailles seront remises, on saura comment a évolué le rapport des forces dans le sport ces quatre dernières années", a à cet égard écrit le service des sports d'une chaîne de télévision russe sur son site internet.

"Le combat avec la Grande-Bretagne pour la (troisième) place sur le podium ne va pas être une partie de plaisir", a-t-il ajouté.

Il faut dire que le bilan sportif de la Russie au plan international est plus que décevant ces derniers temps: son équipe de football n'a pas réussi à se qualifier pour la Coupe du Monde 2010 et a dû quitter l'Euro 2012 dès le premier tour.

Concernant les JO, le plus dur à avaler pour ce pays a été le revers subi en 2010 à Vancouver aux Jeux d'hiver avec seulement trois médailles d'or, quand l'URSS dominait outrageusement sur la neige et la glace.

Le sport en Russie occupe une place de choix sur la scène politique et Vladimir Poutine, revenu en mai au Kremlin pour un troisième mandat, a clairement dit aux membres de la délégation russe qu'il souhaitait que, "grâce à vos victoires, le drapeau de la Fédération de Russie soit hissé et l'hymne national entendu le plus possible dans les stades de Londres".

La disparition du système soviétique de formation et d'entraînement des sportifs, qui disposait de fonds très importants, se fait cependant toujours sentir, bien que la Russie puisse encore envisager des succès en athlétisme, escrime, gymnastique ou lutte.

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