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Déluge de feu et panique dans les quartiers rebelles d'Alep

28/07/2012 01:12 EDT | Actualisé 27/09/2012 05:12 EDT

Immeubles en flammes, hélicoptères mitraillant les positions ennemies, familles paniquées à la recherche d'abris: le quartier de Salaheddine à Alep, où des insurgés résistaient aux assauts de l'armée syrienne, était samedi sous un déluge de feu.

Des familles avec leurs bébés couraient dans les rues pour se mettre à l'abri des bombardements, emportant parfois quelques boîtes de conserve, des bouteilles de lait et de l'eau, a constaté un correspondant de l'AFP.

Forte de sa puissance de feu, l'armée syrienne a lancé l'assaut à l'aube contre la métropole du nord pour tenter d'écraser dans le sang les rebelles retranchés dans le sud-ouest de la ville, où se situe Salaheddine, principal bastion insurgé.

Les bombardements ont commencé tôt le matin, avec des hélicoptères et des chars en action, avant de devenir intermittents dans l'après-midi.

A Salaheddine, de nombreux habitants se sont réfugiés dans des sous-sols, dont trois femmes armées de petits pistolets. "Je préfère la mort plutôt que d'être attaquée par l'armée du régime", affirme l'une d'entre elles à l'AFP.

Tout le quartier est cerné. Les combattants sont des opposants syriens et une poignée d'étrangers qui affirment appartenir au "Liwa Tawhid al-Moujahidine", la Brigade de l'unification des Moujahidines (combattants islamistes).

Parmi ces quelques étrangers, certains se présentent comme des Tchétchènes, des Algériens, des Suédois et des Français de confession musulmane.

Le correspondant de l'AFP a assisté à une offensive de l'armée venue de Hamdaniyé, un secteur proche, qui a été repoussée par les rebelles.

Sur la chaussée, on voit les carcasses de trois chars et de deux blindés détruits par les rebelles, et les corps de six soldats et quatre insurgés.

D'autres canons et chars BMB détruits traînent sur un grand boulevard entre Hamdaniyé et Salaheddine -- à leur côté, gisent cinq corps de soldats.

Une vidéo diffusée par des militants sur internet montre des rebelles montés sur une fourgonnette rouge -- sur laquelle est écrit en blanc le nom de la "Brigade de l'unification des Moujahidines" -- tirant à la mitrailleuse en direction des hélicoptères de l'armée, des salves saluées par les cris d'autres rebelles postés dans les rues.

Dans une autre vidéo, un immeuble est en flammes tandis que retentissent des tirs nourris et des sourates du Coran récitées par le muezzin d'une mosquée.

Depuis vendredi, nombre de femmes et d'enfants ont fui le quartier pour trouver refuge dans d'autres secteurs de la ville et seule une partie des hommes est restée. Il n'y a ni eau, ni électricité.

Selon le correspondant de l'AFP, les habitants ont de grandes difficultés à se ravitailler en pain. De nombreux civils se sont abrités dans les sous-sols des maisons.

"Les gens se réfugient dans les écoles et dans les parcs publics et tout le monde les aide à trouver un endroit où s'installer", affirme Lana, une assistante sociale de 26 ans vivant dans le centre d'Alep, moins affecté par les violences.

"Il y a des milliers de personnes dans les rues fuyant les bombardements, elles sont terrorisées par les hélicoptères qui survolent à basse altitude" les immeubles, affirme à l'AFP Amer, porte-parole d'un réseau de militants à Alep en contact avec les habitants.

"Ils ne peuvent pas sortir de la ville", affirme-t-il, contacté visa Skype.

Une source de sécurité syrienne affirme d'ailleurs à l'AFP que "les quartiers chauds sont complètement bouclés pour empêcher les terroristes de s'échapper", en référence aux rebelles.

Selon un militant à Alep, "certains soldats se font passer pour des rebelles en installant des barrages avec le drapeau de la rébellion pour pièger les militants qui transportent de l'aide entre les quartiers sûrs et les quartiers chauds".

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