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Comores: les vendeurs de poisson combattent la baisse des prix imposée pour le ramadan

28/07/2012 02:55 EDT | Actualisé 27/09/2012 05:12 EDT

Les vendeurs des marchés aux poissons de Moroni refusent de vendre leurs produits depuis que le gouverneur de l'île de Grande-Comore a imposé des "prix spéciaux" bien moins chers sur les produits de première nécessité pendant le ramadan, a constaté un correspondant de l'AFP.

La mesure fixe le prix du kilo de poisson entre 1.100 et 1.500 francs comoriens (2,20 à 3 euros) au lieu de 2.000 et 2.500 francs.

"Pourquoi la baisse des prix ne concerne que nos produits locaux, et pas les produits dans les magasins qui sont toujours aussi chers?", s'est interrogée une poissonnière, campée devant des policiers.

Le passage à tabac par les forces de l'ordre de Djamalat Ali, un jeune vendeur, a durci le mouvement de protestation.

"Ils m'ont frappé parce que je voulais les empêcher de casser ma balance", a-t-il expliqué à l'AFP.

"S'ils ne respectent pas les nouveaux prix, on saisit la marchandise et on la vend nous-mêmes", a indiqué à l'AFP Aldjata Massime, de la brigade de contrôle des prix de l'exécutif de l'île.

"Nous sommes là tous les jours. Ils disent qu'ils refusent de vendre, mais ils trichent, certains le font en cachette", a-t-elle affirmé.

Depuis l'annonce de la mesure, des filières clandestines d'écoulement du poisson, confirmées par plusieurs témoignages, se sont rapidement mises en place dans des domiciles privés à proximité des marchés.

D'autres pêcheurs n'expédient plus leurs produits dans la capitale, préférant attendre les clients dans leurs villages où l'autorité du pouvoir est bien moins sensible.

L'arrivée massive de Comoriens vivant notamment en France durant l'été européen --qui correspond cette année avec le ramadan, qui a débuté le 21 juillet sur l'archipel-- entraîne habituellement un renchérissement des prix des produits de base lié aux nombreuses festivités nuptiales durant cette période.

am/liu/jms

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