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Ça n'offusque pas les lutteurs canadiens de passer incognito aux JO

28/07/2012 10:25 EDT | Actualisé 27/09/2012 05:12 EDT

LONDRES - Les lutteurs canadiens passent presque toujours incognito aux Jeux olympiques. La lutte ne fait pas très glamour, les athlètes et le personnel d'encadrement sont les premiers à l'admettre et la situation ne les offusque pas du tout.

On a eu un autre exemple du peu d'intérêt que l'équipe suscite, samedi, à l'occasion de la conférence de presse qu'elle a tenue au Centre de presse principal des Jeux de Londres. Une poignée de journalistes seulement s'y est présentée.

Pourtant, la lutte a apporté des médailles au moulin du Canada au fil des olympiades d'été depuis l'année 1900. Plus que le plongeon.

Avec 14 médailles remportées, la lutte vient au sixième rang des sports d'été les plus titrés, derrière évidemment des disciplines de masse comme l'athlétisme (51) et la natation (40). L'aviron (35), le canoë-kayak (21) et la boxe (17) suivent. Le plongeon a glané neuf médailles — une seule d'or celle de Sylvie Bernier en 1984.

Le Canada a gagné au moins une médaille en lutte, six au total, au cours de chacune des cinq dernières olympiades depuis 1992. Le triomphe de Daniel Igali aux Jeux de Sydney en 2000 a marqué l'imaginaire des gens.

Les femmes font la loi

Dès les Jeux suivants à Athènes, les Canadiennes ont emboîté le pas à leur première présence aux JO.

Tonya Verbeek a remporté une médaille d'argent en Grèce et elle a enchaîné avec une de bronze à Pékin, il y a quatre ans. À l'âge de 34 ans (35 le 14 août), l'Ontarienne de Grimsby va tenter de compléter le tour du chapeau chez les 55 kilos.

«La compétition est forte et les jeunes sont affamées, a commenté Verbeek. C'est un défi stimulant, ça me garde sur le qui-vive. Je sais que je ne peux pas me permettre le moindre relâchement, et je veux leur donner du fil à retordre. Quand je suis à mon mieux, je suis encore une adversaire coriace. Je veux montrer aux jeunes que je peux encore tenir mon bout et à tout le monde que c'est possible de connaître une longue carrière dans le sport.»

Médaillée d'or des Jeux de Pékin, Carole Huynh de Hazelton, en Colombie-Britannique, est de retour pour défendre son titre chez les 48 kilos.

«Je me présente à Londres animé du même état d'esprit qu'il y a quatre ans, a dit Huynh, âgée de 31 ans. Il y a toujours la question à savoir comment je composerai avec la pression d'être la championne en titre. J'estime bien gérer la situation. Je me concentre à afficher ma meilleure forme et, si je réussis à le faire, je suis confiante d'être encore la meilleure au monde.»

Les Canadiennes sont dominantes sur la scène internationale, ayant remporté 11 médailles dans les Championnats du monde depuis 2008. On accorde de bonnes chances aux deux autres filles présentes à Londres, la Québécoise Martine Dugrenier (63 kg) et Leah Callahan (72 kg), native de Terre-Neuve, de monter sur le podium.

Dugrenier est passée à un cheveu de remporter la médaille de bronze, à Pékin.

Les espoirs sont plus modérés chez les gars. Matt Gentry (74 kg), né aux États-Unis, représente un bel espoir, à ses deuxièmes JO. Le Franco-Ontarien David Tremblay, qui s'entraîne à Montréal, vise de terminer parmi les 10 premiers de sa catégorie (55 kg).

Haislan Garcia (66 kg), 16e à Pékin, Khetag Pliev (96 kg) et Arjan Bhullar (120 kg) complètent le quintette masculin.

Les épreuves de lutte auront lieu pendant la deuxième semaine des Jeux. Samedi, l'équipe canadienne s'est retranchée en banlieue de Londres, où elle peaufinera sa préparation dans la plus grande discrétion.

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