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Mali: Dioncounda Traoré, mathématicien devenu président d'un pays "en guerre"

27/07/2012 06:38 EDT | Actualisé 26/09/2012 05:12 EDT

Mathématicien, syndicaliste, ministre, Dioncounda Traoré, 70 ans, qui rentre vendredi à Bamako où il avait été agressé et blessé il y a deux mois par des opposants, est depuis le 12 avril président par intérim du Mali, un pays plongé dans le chaos en quelques mois.

"J'ai conscience d'être président d'un pays en guerre", avait lancé ce vétéran de la politique malienne lors de sa prestation de serment le 12 avril à Bamako.

Depuis cette date, la situation n'a fait que s'aggraver au Mali: la rébellion indépendantiste touareg qui avait lancé une offensive en janvier a été évincée du Nord par les islamistes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), 400.000 personnes ont fui la région et M. Dioncounda lui-même a été sauvagement agressé le 21 mai dans son bureau à Bamako par une foule surexcitée et hostile.

Né le 23 février 1942 à Kati, près de Bamako, marié et père de sept enfants, il était président de l'Assemblée nationale depuis 2007 et rien ne le prédisposait à se retrouver à la tête d'un pays en pleine tourmente.

"Je suis un mathématicien, j'ai été syndicaliste et je le demeure dans l'âme", avait-il déclaré avant de prendre ses fonctions trois semaines après un coup d'Etat ayant renversé Amadou Toumani Touré (ATT). Les putschistes venaient d'accepter de se retirer du pouvoir.

Il se définit comme "politique mais pas politicien". "Pour un politicien, la fin justifie les moyens, pas pour le politique", assure cet homme élégant, à la barbe fine et aux discrètes lunettes, qui dit se battre pour les "valeurs" de solidarité et de justice.

Il préside l'Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma-PASJ) qui a lutté avec d'autres contre le régime de Moussa Traoré, renversé en 1991 après près de 23 ans de pouvoir sans partage et plusieurs jours d'une insurrection réprimée dans le sang.

Selon un de ses collaborateurs, "il est très attaché au consensus" et "c'est un homme du peuple". Pour un député qui n'est "pas toujours" d'accord avec lui, "il a le côté pragmatique des scientifiques".

Il a été formé au Mali, en Algérie et en France, avant de rentrer dans son pays en 1978, devenant enseignant et se faisant arrêter plusieurs fois pour ses activités syndicales.

A partir de 1992, il entame une carrière de ministre: Fonction publique et Travail (1992-1993), Défense (1993-1994), Affaires étrangères (1994-1997).

En 1997, il est élu député. Dix ans plus tard, il prend la tête d'une coalition de partis soutenant la candidature à la présidentielle d'ATT, qui sera réélu et s'apprêtait à quitter le pouvoir avant le coup d'Etat du 22 mars.

Dioncounda Traoré était candidat de l'Adéma-PASJ à la présidentielle initialement prévue le 29 avril.

Il était absent du Mali pendant ces jours troubles, ce qui a lui a valu la défaveur de certains Maliens, notamment de jeunes, qui ne lui pardonnent pas d'avoir gardé le silence quand "le pays brûlait".

Des jeunes très nombreux parmi les manifestants descendus dans la rue le 21 mai pour exprimer leur hostilité à sa désignation comme président par intérim pour un an qui l'ont agressé dans son bureau.

Les putschistes, qui lui ont théoriquement cédé le pouvoir, ainsi qu'à son premier ministre Cheick Modibo Diarra, contesté, ne se sont réellement jamais écartés de la scène politique et leurs hommes de main commettent de nombreuses exactions à Bamako contre des personnalités considérées comme proches d'ATT.

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