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L'ONU dit redouter un assaut des forces syriennes à Alep

27/07/2012 01:15 EDT | Actualisé 26/09/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Des hélicoptères de l'armée syrienne mitraillaient vendredi plusieurs quartiers d'Alep dans le nord du pays, selon l'opposition et des militants sur place. Le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, redoute un assaut «imminent» des forces gouvernementales contre les insurgés.

D'après Mohammed Saïd, un militant de l'opposition à Alep, les hélicoptères de l'armée tiraient à la mitrailleuse contre des quartiers tenus par l'insurrection dans l'est et l'ouest de la ville, la plus peuplée du pays. Une nouvelle alliance de l'insurrection, la Brigade de l'Unification, s'est constituée dimanche dernier avec pour mot d'ordre de marcher sur Alep.

Dépassés en nombre et en matériels par l'armée du régime, les insurgés n'en opposent pas moins une résistance acharnée, selon l'opposition. Des renforts importants de l'armée syrienne sont arrivés jeudi à Alep et on s'attend à un assaut final à tout moment, a ajouté M. Saïd.

Les bombardements de vendredi, dans le quartier de Fardous, ont fait au moins quatre morts, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Les renforts de l'armée ont pris position autour d'Alep, a confirmé le président de l'OSDH, Rami Abdul-Rahman qui s'attend à une offensive.

Un sentiment partagé par le Haut commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU Navi Pillay, qui a fait part vendredi de son inquiétude profonde face aux menaces qui pèsent sur les civils à Alep. Selon des informations non confirmées en provenance de la capitale Damas, a-t-elle expliqué, des civils ont été victimes d'exactions, d'exécutions sommaires et de tireurs embusqués lors de combats dans la banlieue de Damas.

«Il va sans dire que le plus grand recours à des armes lourdes, blindés, hélicoptères d'attaques, voire d'après certaines informations à des avions de chasse dans des zones urbaines, a déjà causé de nombreuses victimes civiles et fait peser un grave risque sur de nombreuses autres personnes», a-t-elle souligné dans un communiqué lu à la presse à Genève par son porte-parole, Rupert Colleville.

«Tout ceci, combiné à la concentration de forces dans et autour d'Alep, est de mauvais augure pour la population de cette ville», a prévenu Navi Pillay. À Paris, le ministère français des Affaires étrangères a de nouveau appelé le régime syrien à «cesser de tuer sa propre population. C'est une raison supplémentaire pour laquelle nous demandons le départ de Bachar al-Assad qui prépare une nouvelle tuerie à Alep».

La situation se dégrade également à Damas, incitant le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à annoncer vendredi l'évacuation vers le Liban d'une partie de son personnel, par mesure de sécurité. «Cela ne signifie en aucun cas une suspension de nos activités, particulièrement à un moment où les besoins sont croissants», a déclaré Hicham Hassan, un porte-parole du CICR. Une équipe d'une cinquantaine de personnes reste à Damas et ceux qui ont quitté la capitale «reviendront au moment approprié», a-t-il assuré.

Sur les 1,5 million de Syriens qui ont besoin d'une aide humanitaire, la moitié sont des enfants et des adolescents, a déclaré à Genève un porte-parole du Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), Patrick McCormick.

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