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Londres accueille le monde entier lors d'une spectaculaire cérémonie d'ouverture

27/07/2012 08:35 EDT | Actualisé 26/09/2012 05:12 EDT

LONDRES - À l'issue d'un spectacle époustouflant du réalisateur cinématographique Danny Boyle, pimenté de nombreux moments de musique, d'humour mais aussi de sobriété, et qui a permis de célébrer l'histoire du pays sous toutes ses formes, le Royaume-Uni a donné le coup d'envoi aux Jeux olympiques de Londres de grandiose façon, vendredi soir.

Quelque 80 000 spectateurs massés au Stade olympique, et une audience estimée à un milliard de téléspectateurs, ont eu droit à une cérémonie haute en couleurs, qui a duré près de quatre heures, et durant laquelle les spectateurs présents ont notamment eu le bonheur d'entonner «Hey Jude», à l'invitation de l'illustre Sir Paul McCartney en personne.

Comme il se devait, en cette année de jubilé surtout, c'est la reine Élizabeth qui a déclaré ouverts ces Jeux de la XXXe olympiade, peu après 0 h 15, heure locale.

Puis l'autre moment attendu, l'allumage de la vasque, est survenu une vingtaine de minutes plus tard. Cet honneur est allé à sept jeunes athlètes représentant l'avenir de la Grande-Bretagne, un choix qui rappelait la décision des responsables des Jeux de Montréal en 1976.

Les sept adolescents, parrainés par de grands noms du sport britannique, avaient reçu le flambeau des mains de Sir Steve Redgrave. Le nom de cet ancien avironneur avait été mentionné pour allumer la vasque en raison de ses conquêtes de médailles d'or lors de cinq Jeux consécutifs, entre 1984 et 2000. Les adolescents ont ensuite allumé des «pétales» de cuivre répartis sur le sol et qui convergeaient pour former une imposante vasque céleste.

Les premiers athlètes, ceux de la Grèce comme le veut la tradition olympique, ont commencé à défiler peu avant 22 h 30, heure de Londres. La délégation du Canada, menée par le triathlète Simon Whitfield à titre de porte-drapeau, a fait son entrée une vingtaine de minutes plus tard.

«Quelle sensation! C'était merveilleux, et ce fut tout un honneur d'être ici ce soir afin de mener tous ces athlètes que je respecte», a déclaré Whitfield, qui rayonnait de bonheur au moment d'entrer dans le stade.

Du grand Boyle

Le compte à rebours vers ces Jeux, amorcé il y a sept ans, a atteint son crescendo grâce à une époustouflante, imaginative, originale et dramatique célébration du pays hôte, conçue de toutes pièces par le réputé et oscarisé cinéaste britannique Danny Boyle.

Des chasseurs à réaction dégageant une fumée bleue, blanche et rouge avaient survolé une foule en effervescence à 20 h 12, heure locale, symbolisant l'année des Jeux.

Boyle, le réalisateur de «Slumdog Millionnaire», a amorcé son spectacle en utilisant son média de prédilection, le cinéma, pour diffuser un court métrage accéléré de la Tamise, ce fleuve qui traverse Londres et qui s'est avéré l'élément clé de son développement au fil des siècles.

La série d'images a permis de voir un match de cricket, le London Tube et les flots grondants des mers qui protègent l'île — le tout agrémenté d'une piste sonore rythmée incluant un court extrait de l'irrévérencieuse version du «God Save the Queen» des Sex Pistols.

Plus tard, la reine Élizabeth s'est solennellement levée pour écouter une version plus traditionnelle de l'hymne national, entonnée par une chorale d'enfants. Boyle a filmé une séquence d'une cascade de la monarque de 86 ans, transportée vers le stade en hélicoptère et y entrant par parachute.

Pour inaugurer la cérémonie, des enfants faisant éclater des ballons numérotés de 10 à 1 ont lancé un compte à rebours qui a atteint son point culminant avec l'arrivée du cycliste Bradley Wiggins.

Le champion du tout dernier Tour de France a fait sonner une cloche olympique de 23 tonnes, fabriquée dans la même fonderie de Londres qui a produit le Big Ben et la Liberty Bell de Philadelphie.

Son assourdissant tintamarre a résonné autour du Stade olympique. Selon la tradition en Grande-Bretagne, les cloches carillonnent pour célébrer la fin d'une guerre et le couronnement de rois et de reines. S'ajoute maintenant l'ouverture d'un festival sportif international de 17 jours.

La cérémonie d'ouverture a ensuite dressé un portrait de la Grande-Bretagne auquel les Britanniques s'accrochent — les prairies, les fermes, les événements sportifs sur de grands espaces verts, les pique-niques et Winnie l'ourson, cette créature de fiction de A.A. Milne qui a fait le délice de générations d'enfants britanniques blottis dans leurs lits.

Mais l'idéal britannique — la terre verte et plaisante de l'Angleterre, comme l'avait souhaité le poète William Blake — devait prendre une tournure un peu plus sombre.

Boyle a mis beaucoup d'emphase sur les industries qui ont révolutionné la Grande-Bretagne pendant les 18e et 19e siècles, faisant de cette nation un atelier pour le monde entier, et procurant la puissance qui a permis aux Britanniques de bâtir un empire qui a grandement altéré l'histoire du monde.

La Révolution industrielle a aussi produit de terrifiantes armes, et Boyle a imposé un moment de silence pendant la cérémonie pour honorer ceux qui ont perdu la vie lors de conflits armés.

«Ce n'est pas quelque chose qui soit lié à un seul pays; ça touche tous les pays, et on honore la mémoire des victimes de toutes les nations», avait expliqué le réalisateur avant la cérémonie d'ouverture.

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