NOUVELLES

JO-2012 - Le parc olympique, une ville austère aux allures de forteresse

27/07/2012 01:02 EDT | Actualisé 26/09/2012 05:12 EDT

De l'extérieur, le parc olympique de Londres, construit sur une friche industrielle, ressemble à un camp retranché, avec murs de béton et caméras. A l'intérieur, c'est une ville austère malgré ses restaurants, boutiques et fleurs des champs, où les sponsors sont rois.

L'entrée du parc, situé dans les quartiers historiquement déshérités de l'est de Londres, donne le ton: les visiteurs doivent d'abord passer par un gigantesque centre commercial flambant neuf, construit au-dessus d'un noeud ferroviaire.

L'enceinte du parc rappelle un aéroport ou un complexe diplomatique sous très haute surveillance, avec ses murs de béton surmontés d'imposants grillages, de barbelés et de caméras. Des militaires en treillis et des gardes de sécurité procèdent à la fouille minutieuse des visiteurs.

Mais une fois le contrôle de sécurité passé, l'ambiance bascule. "Bienvenue à Londres 2012", annoncent des panneaux électroniques.

Le parc s'étend sur 2,5 km2, soit l'équivalent de 300 terrains de football. Dans ce temple du sport, les baskets sont de rigueur même pour les spectateurs: il faut compter 30 minutes à pied pour rejoindre la piscine depuis le vélodrome, préviennent les panneaux d'information.

"Les JO, c'est une question d'endurance, et pas seulement pour les sportifs", note avec malice Lyn Cooke, figurante à la cérémonie d'ouverture.

Le stade blanc d'une capacité de 80.000 spectateurs en impose dès l'entrée du parc, tout comme la piscine au toit en forme de vague. Mais les extensions des tribunes -d'immenses échafaudages de part et d'autre de la vague- gâchent quelque peu l'élégance du bâtiment.

En face, l'arène de water-polo avec son toit gonflable argenté est elle entièrement temporaire. "Les installations sont fonctionnelles, beaucoup sont temporaires. Ca ne ressemble pas à la belle architecture des JO de Barcelone", constate un journaliste polonais, Maciej Petruczenko, plusieurs Jeux à son compteur.

Des studios télévisés sont installés dans un immeuble qui n'est autre qu'un emboîtement de conteneurs. La multitude de stands de nourriture qui bordent les immenses allées goudronnées sont installés sous des tentes, sauf les restaurants McDonald's, parraineur officiel des JO, un bar à champagne et le pavillon "prestige" aux vitres fumées qui abrite six restaurants.

"C'est l'installation temporaire la plus chère jamais construite pour accueillir" VIP, sponsors et toute personne fortunée en général, explique Tony Barnard, directeur commercial du lieu.

La construction du pavillon a coûté 12 millions d'euros. Et il faut compter jusqu'à 5.700 euros le "package" pour un dîner au pavillon et l'une des meilleures places du stade.

Les 70.000 volontaires des JO et des paralympiques ont droit eux à un bon repas par jour, à la cantine du personnel ou au McDonald's.

De jeunes espaces verts, parsemés de fleurs des champs, égaient ponctuellement le parc, sans masquer l'aspect encore peu chaleureux et très commercial du lieu.

D'immenses magasins proposent une multitude d'accessoires officiels, de la mascotte des JO aux tee-shirts. Mais attention au paiement. "Nous sommes fiers de n'accepter que les cartes Visa", préviennent des publicités.

Le quartier réservé à la presse offre quasiment tous les services: postes, supérette, pharmacie et même salon de beauté. Pour les plus coquettes, possibilité de se faire faire les ongles aux couleurs du drapeau de son choix.

bed/dh/heg

PLUS:afp