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JO-2012 - L'Angleterre, le pays du cheval

27/07/2012 07:19 EDT | Actualisé 26/09/2012 05:12 EDT

L'exposition "Le cheval, de l'Arabie au Royal Ascot", présentée depuis fin mai au British Museum de Londres, rappelle comment l'importation de trois étalons arabes, il y a trois siècles, a permis au Royaume-Uni de devenir le +pays du cheval+, mais n'aborde pas le retour de l'histoire avec l'OPA des monarchies du Golfe.

The Byerley Turk, pris aux troupes ottomanes, The Darley Arabian, du nom de son acquéreur Thomas Darley, et The Godolphin Arabian, en fait plus barbe qu'arabe, acheté en France et revendu au comte Francis Godolphin, sont les sires fondateurs de la race du pur-sang anglais.

Depuis la fin du XVIe siècle et le règne d'Elizabeth I, les courses de chevaux étaient populaires dans le pays. Les trois reproducteurs arabes vont apporter de la vigueur et de la vitesse aux produits nés de leurs brefs +amours+ avec les juments autochtones plutôt costaudes.

En juin, le Royal Ascot donne la mesure des liens qui unissent la famille royale et les courses. L'hippodrome tricentenaire est situé à quelques kilomètres du château de Windsor et la reine Elizabeth II n'a pas manqué une seule édition depuis 1945.

Epsom est un autre haut-lieu historique avec le fameux Derby. En 1865, la victoire de l'étalon français Gladiateur créa la stupeur, le bai étant le premier vainqueur de la course né et élevé hors du Royaume-Uni.

Les Britanniques étant de surcroît d'invétérés parieurs, les réunions de Cheltenham et d'Aintree, dédiées aux courses de haies et de steeple, attirent également les foules. Avec ses 7250 m hérissés de 30 obstacles, le Grand national de Liverpool, à Aintree, constitue le parcours suprême du combattant, parfois mortel pour les équidés.

Les sports équestres, notamment le concours complet, ont bénéficié au 20e siècle de l'engouement pour le cheval. Le complet (Eventing en anglais), très féminisé malgré les risques encourus, célèbre ses grands-messes en Angleterre, à Badminton et à Burghley. De nombreux cavaliers australiens et néo-zélandais se sont d'ailleurs établis à proximité.

La princesse Anne, sélectionnée aux Jeux de Montréal-1976, et désormais sa fille Zara Phillips, retenue pour les JO de Londres, perpétuent la tradition.

Ce que ne dit pas l'exposition du British Museum, placée sous le haut patronage de la reine et parrainée par la fédération saoudienne d'équitation, c'est que les princes du désert ont repris les rênes.

Bien avant que les Qataris investissent une partie de leurs revenus gaziers et pétroliers dans le football avec le Paris-SG, Cheikh Mohammed Ben Rashid Al Maktoum, maître de Dubaï, avait racheté les principaux haras et les meilleurs courants de sang anglais.

Ironie de l'histoire, il a baptisé son élevage Godolphin. Et, aussi vexant pour les Britanniques, les seuls à résister sont les Irlandais de Coolmore.

asc/heg

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