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JO-2012 - Jeux vus d'ailleurs: Les Chinois avec le souvenir de Pékin

27/07/2012 06:19 EDT | Actualisé 26/09/2012 05:12 EDT

Très intéressés par le sport et les performances de leurs athlètes en particulier, les Chinois abordent les jeux de Londres en se souvenant avec fierté de ceux qu'ils ont organisés à Pékin en 2008, même si des équipements construits pour l'occasion sont sous-utilisés ou à l'abandon.

"Les Chinois attendent tous avec impatience les jeux de Londres", affirme Li Ziyi, un homme âgé de 60 ans qui s'entraîne tous les jours sur des barres installées dans le parc Ritan, au coeur de Pékin.

En short et torse nu dans la chaleur moite de l'été pékinois, Li remarque que "bien sûr, l'intérêt pour le sport existait déjà avant les Jeux que nous avons organisés, mais pas au même niveau que maintenant".

Ce sexagénaire qui cultive sa forme se dit "particulièrement intéressé par les sports dans lesquels la Chine excelle, comme le tennis de table, le badminton et le plongeon".

Les experts sont d'avis que le pays aura du mal à rééditer son exploit de 2008, lorsqu'il s'était classé, à domicile, premier en nombre de médailles d'or, avec 51 titres olympiques.

Les responsables du sport chinois, qui ont envoyé à Londres une délégation moins nombreuse que celle d'il y a quatre ans mais aussi nombreuse qu'à Athènes en 2004, ont d'ailleurs fait des déclarations extrêmement prudentes afin de ne pas placer la barre trop haut.

L'excitation à Pékin n'est bien sûr pas palpable comme il y a quatre ans, mais les touristes qui affluent quotidiennement au Nid d'oiseau (stade olympique) espèrent que les athlètes chinois ramèneront de Grande-Bretagne un important lot de médailles.

Contrairement à ce qui se passe dans d'autres pays, les Chinois se plaignent peu de l'utilisation des infrastructures après les Jeux.

"Je pense que les stades sont vraiment bien utilisés. Le parc olympique est devenu un endroit dont tout le monde peut profiter", affirme Wu Qian, une chercheuse venue de la province du Shandong (est) pour visiter le parc olympique avec sa famille.

Pour Wu, les 50 yuans (6,5 euros) du ticket d'entrée, exigé pour la visite du "Nid d'oiseau", sont abordables.

Ce n'est pas le cas pour Tian Yonghai, un homme de 73 ans qui gagne sa vie en triant des déchets. "Le prix des billets pour aller voir le stade est trop élevé. Ce devrait être un endroit pour les gens à revenus faibles et moyens", déplore-t-il.

Si les 370 millions de yuans (47 millions d'euros) de recettes générées par le tourisme au stade olympique font bien plus que couvrir les frais de maintenance du site, qui s'élèvent à 80 millions de yuans par an, ils servent aussi à rembourser les dettes contractées pour sa construction, qui a coûté 3,6 milliards de yuans (460 millions d'euros).

Quant aux événements sportifs organisés dans le stade, comme le match opposant vendredi les deux clubs anglais Arsenal et Manchester City, ils restent une rareté.

A deux pas du Nid d'oiseau, la piscine olympique -appelée Cube d'eau- où l'Américain Michael Phelps a remporté huit médailles d'or en 2008, cherche aussi à attirer les visiteurs pour rembourser les 1,3 milliard de yuans (166 millions d'euros) de sa réalisation.

Le Cube d'eau comporte aujourd'hui un parc aquatique et une piscine ouverte au public. Mais malgré des subventions gouvernementales, l'endroit a enregistré l'an dernier une perte d'exploitation estimée à 11 millions de yuans (1,4 million d'euros), selon les médias chinois.

La situation est pire pour d'autres installations des jeux de Pékin dédiées à des sports peu pratiqués en Chine. Dans les alentours de la capitale chinoise, les équipements pour le kayak, l'aviron et le BMX (bicross) sont à l'abandon.

Mais pour nombre de Chinois comme Ren Jingyu, les bienfaits des JO sont inestimables.

"Je ne pense pas que l'argent dépensé ait été gaspillé. Les jeux de Pékin ont permis à la Chine de montrer son développement au monde", a déclaré à l'AFP ce guide touristique du Sichuan (sud-ouest) à propos des JO qui avaient représenté une formidable vitrine de la nouvelle puissance chinoise.

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