NOUVELLES

GP de Hongrie - Adrian Newey, ingénieur génial, toujours à la limite

27/07/2012 04:48 EDT | Actualisé 25/09/2012 05:12 EDT

Le directeur technique de Red Bull Racing, Adrian Newey, est l'un des derniers dinosaures de la Formule 1 moderne, un ingénieur génial qui est toujours capable, au bout de 25 ans de F1, de trouver des failles dans les règlements pour en faire profiter ses pilotes.

Le dernier exemple date du GP d'Allemagne, la semaine dernière à Hockenheim, quand une nouvelle cartographie électronique, sur les moteurs Renault de Sebastian Vettel et Mark Webber, a intrigué Jo Bauer, le délégué technique de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), et provoqué une mini-enquête des commissaires de course, le dimanche matin.

"Nous n'acceptons pas tous les arguments" de l'écurie, ont finalement indiqué les commissaires. Coincés par la manière dont était rédigé un point du règlement technique, ils ont dû admettre, à regret, que les RB8 étaient conformes. Et dès le lendemain, une clarification a obligé Red Bull à modifier sa cartographie pour la Hongrie.

"On en a beaucoup parlé le week-end dernier, beaucoup de choses ont été écrites, ça nous a un peu gênés dans la préparation de la course, mais je ne sais pas si le fait de ne plus l'avoir nous pénalisera beaucoup en Hongrie, et si ça fera deux dixièmes ou un demi-dixième au tour", a dit Vettel jeudi.

D'après une écurie rivale, Newey avait trouvé un moyen, selon la position de la pédale d'accélérateur et le régime moteur, de séparer les gaz d'échappement chauds et froids pour améliorer leur effet aérodynamique à l'arrière de la RB8. Une idée a priori incompatible avec le règlement 2012, très strict sur ce point.

C'est justement avec une innovation de ce genre, le fameux "diffuseur soufflé", ensuite imité mais jamais égalé, que Vettel a archi-dominé la saison 2011, d'où la vigilance des autres écuries. Déjà, à Monaco, McLaren et Lotus avaient menacé de déposer réclamation, le matin du Grand Prix, suite à l'apparition d'un nouveau package aérodynamique sur les RB8.

Newey n'en est pas à son coup d'essai, lui qui a commencé sa carrière d'ingénieur en modifiant un kart trop lent à son goût, s'est fait remarquer chez March (1988-1990) puis a enchaîné les victoires et les titres mondiaux chez Williams (1991-1997), McLaren (1997-2005) et Red Bull (depuis 2006).

"Il ne sait pas comment allumer son ordinateur", plaisante l'un de ses ingénieurs, et travaille surtout avec un crayon à papier, sur la dernière planche à dessin de l'usine, à Milton Keynes, mais "il a toujours un mois d'avance sur nous", sourit Christian Horner, le team-manageur de Red Bull Racing.

A 54 ans, Newey se réveille encore la nuit pour "faire un dessin" avant de se rendormir, avoue ce grand timide né un lendemain de Noël. Il a réalisé l'un de ses rêves d'enfant en participant aux 24 Heures du Mans 2007, dans une Ferrari F430 (22e au général, 4e en GT2). Et quand il a un peu de temps libre, il fait l'ingénieur de piste pour l'un de ses quatre enfants, au bord d'une piste de karting.

dlo/chc

PLUS:afp