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Commerce/armes: la négociation, au bord de l'échec, pourrait reprendre plus tard

27/07/2012 03:26 EDT | Actualisé 26/09/2012 05:12 EDT

Les négociations à l'ONU pour mettre en place le premier traité international sur le commerce des armes conventionnelles s'orientaient vendredi vers un échec mais pourraient reprendre à l'automne, ont indiqué des participants à cette conférence.

Selon ces participants, les Etats-Unis et la Russie ont demandé davantage de temps pour se prononcer, ce qui rend très improbable l'adoption d'un texte par consensus avant la date limite de vendredi minuit (samedi 04H00 GMT). Plusieurs autres pays (Chine, Inde, Indonésie, Egypte notamment) ont emboîté le pas à Washington en réclamant un délai.

"Sauf énorme surprise, il n'y aura pas de texte (de traité) ce soir", a affirmé un diplomate. La conférence, a-t-il précisé, pourrait adopter un rapport à destination de l'Assemblée générale de l'ONU, auquel serait annexé la dernière mouture du projet de traité.

Il reviendrait alors à l'Assemblée de décider quand reprendre la négociation, probablement à l'automne, "sur la base de ce projet afin de le finaliser", a-t-il ajouté. "L'enjeu sera de ne pas rouvrir la boite de Pandore, de ne pas gâcher ce qui été fait car on était arrivé à un texte satisfaisant".

"C'est le résultat le plus vraisemblable" de la conférence, a confirmé un autre diplomate. Il a laissé entendre que les négociations pourraient reprendre après les élections américaines de novembre.

Les Etats-Unis représentent près de 40% du commerce mondial des armements, un marché évalué à 70 milliards de dollars par an.

Selon Zobel Behalal, de l'ONG CCFD-Terre solidaire, les chances de succès de la conférence "sont maintenant compromises car plusieurs pays dont la Russie et les Etats-Unis se sont exprimés dans le sens d'une discussion ultérieure". "Quoi qu'on en dise, les Etats membres ont manqué à leur devoir", a-t-il jugé.

Les négociateurs continuaient vendredi après-midi à discuter le dernier projet de texte proposé jeudi par le président de la conférence, l'Argentin Roberto Garcia Moritan, pour tenter de l'améliorer in extremis. Mais "il ne se passe plus rien, c'est un théâtre d'ombres", a indiqué un négociateur.

A la demande de l'Assemblée générale, les 193 Etats membres devaient se mettre d'accord avant vendredi minuit sur des règles du jeu, à l'issue de quatre semaines de tractations.

Le projet de traité, qui compte actuellement une douzaine de pages, oblige chaque pays à évaluer si les armes qu'il vend risquent d'être utilisées pour commettre des "violations graves des droits de l'homme", ou des attentats, ou d'être détournées au profit du crime organisé.

Le texte définit les types d'armements couverts, les critères d'évaluation et le dispositif de contrôle, qui restera du ressort de chaque Etat. Les vendeurs devront tenir un registre des transactions.

avz/bdx

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