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Commerce des armes: pas d'accord sur un traité à l'ONU (président de la conférence)

27/07/2012 06:35 EDT | Actualisé 26/09/2012 05:12 EDT

Les négociations à l'ONU pour rédiger le premier traité international sur le commerce des armes conventionnelles se sont soldées par un échec vendredi à New York, mais devraient reprendre ultérieurement, selon le président de la conférence.

"Le texte que j'avais proposé était un projet de traité, certains pays ne l'aimaient pas mais l'immense majorité était d'accord", a regretté l'Argentin Roberto Garcia Moritan. "Nous allons continuer de travailler sur cette base".

La conférence, ouverte début juillet, devait décider par consensus entre les 193 pays membres de l'ONU.

Interrogé sur la suite des événements, M. Moritan a indiqué qu'une des possibilités était "de demander à l'Assemblée générale (de l'ONU) de prendre une décision", c'est-à-dire de décider s'il doit y avoir de nouvelles négociations et quand.

La prochaine session de l'Assemblée se tient fin septembre à New York.

Selon un diplomate, le rapport que M. Moritan va transmettre à l'Assemblée générale propose de reprendre les négociations pendant deux semaines début 2013.

M. Moritan s'est déclaré "certain que nous aurons un traité rapidement" mais n'a pas donné de délai. Peut-être faudra-t-il "peaufiner le texte" auparavant, a-t-il ajouté.

Le principal négociateur français, l'ambassadeur Jean-Hughes Simon-Michel, a qualifié cet échec de "plus mauvais scénario possible" car il ne donne pas de perspective claire. "Le risque est de repartir de zéro" quand la négociation reprendra, a-t-il déclaré à l'AFP. "Le bilan est assez frustrant et la balle est désormais dans le camp de l'Assemblée générale".

Quatre-vingt-dix pays, dont tous ceux de l'Union européenne et des Etats d'Amérique latine, des Caraïbes et d'Afrique, ont signé un texte se déclarant "déçus mais pas découragés" par cet échec et "déterminés à obtenir bientôt un traité sur le commerce des armes".

Le projet de traité proposé jeudi par M. Moritan "fournit une base pour poursuivre notre travail" et il beneficiait "d'un très large soutien dans la communauté internationale", ajoute le communiqué.

Des diplomates avaient auparavant rendu les Etats-Unis responsables de l'échec des pourparlers. Selon eux, Washington a refusé de se prononcer sur le projet de traité avant la date limite (vendredi 04H00 GMT), demandant plus de temps pour peaufiner le texte et disant craindre un blocage au Congrès. La Russie et d'autres pays ont immédiatement emboîté le pas aux Américains, rendant impossible d'arracher à temps un consensus.

"C'est la faute des Etats-Unis si nous avons échoué", a affirmé un diplomate. "Ils ont fait dérailler le processus et il faudra attendre l'élection présidentielle américaine" de novembre pour sortir de l'impasse.

Une opinion partagée par des responsables d'associations. "Aujourd'hui les Etats-Unis n'ont pas saisi une occasion en or: un traité international qui aurait renforcé leur réputation de leader dans le domaine des droits de l'homme", a déploré Scott Stedjan, responsable d'Oxfam America, qui a critiqué "le manque de courage de la Maison blanche".

Daryl Kimball, directeur de l'Association américaine pour le contrôle des armements, a lui aussi fustigé "le manque de volonté politique du président Obama qui n'a pas saisi cette occasion historique". "Nous nous retrouvons avec un résultat incertain qui jette un doute sur le soutien (à un traité) de la part des principaux exportateurs et importateurs d'armes, dont les Etats-Unis et la Russie", a-t-il souligné.

avz/bdx

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