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Après une longue attente, l'heure de vérité est arrivée pour l'équipe de synchro

27/07/2012 03:06 EDT | Actualisé 26/09/2012 05:12 EDT

LONDRES - Les touristes qui sont allés visiter les Rocheuses en voiture depuis Calgary le savent: on a beau rouler et rouler, les montagnes semblent rester loin à l'horizon pendant de longues minutes. Puis, au moment où on n'y pense plus, paf! Elles deviennent tout à coup tellement imposantes qu'il faut se pencher au-dessus du volant pour voir les sommets enneigés à travers le pare-brise.

Les athlètes qui se sont préparés pour les Jeux olympiques de Londres ont vécu un peu le même phénomène. Pendant une bonne partie de leur programme de préparation, le jour J est resté très loin, s'avérant une considération presque théorique. Puis, paf! Voilà que les JO deviennent soudainement quelque chose de palpable.

Les membres de l'équipe canadienne de nage synchronisée en sont là. Après une longue attente et un très long processus de travail au cours duquel elles ont conçu et peaufiné de toutes nouvelles routines qui se veulent révolutionnaires, l'heure de vérité a maintenant sonné.

«On a vraiment hâte de montrer ce qu'on a créé. (Vendredi) matin à l'entraînement, on se regardait et on était toutes excitées, même s'il n'y avait presque personne autour de la piscine, a affirmé Valérie Welsh, vendredi, après que l'équipe de synchro eut participé à l'ouverture officielle de la Maison du Canada à Trafalgar Square. Mais on se disait vraiment: let's go, c'est le temps de briller, de montrer ce qu'on peut faire.»

«On a vraiment hâte, ça n'a pas de sens, a lancé Élise Marcotte, qui prendra part à l'épreuve en duo avec Marie-Pier Boudreau-Gagnon, ainsi qu'à celle par équipes. On a hâte de montrer nos routines aux gens et de leur en mettre dans les dents un peu. On a fait beaucoup de recherches et on a fait beaucoup d'efforts pour cacher notre jeu ces derniers mois. Et maintenant, on a hâte de montrer aux autres à quel point on a mis le paquet pour se préparer pour cette compétition, et de les voir tomber à terre tellement ils trouveront ça beau.»

Ayant mis fin à leur camp d'entraînement de plus d'un mois à Torremolinos, en Espagne, afin de rentrer à Londres expressément pour la cérémonie d'ouverture de vendredi soir au Stade olympique, l'entraîneuse Julie Sauvé et ses nageuses partiront vers le nord, à quelques heures de route de la capitale anglaise, en vue de la dernière phase de préparation avant les épreuves qui commenceront le dimanche 5 août. La finale du duo aura lieu le mardi 7 août et celle de l'épreuve par équipes, trois jours plus tard.

C'est alors qu'on saura si le beau risque initié par Julie Sauvé, dans le but d'accéder à un podium olympique pour la première fois depuis 2000 (en équipe) et 1992 (en duo), aura rapporté les dividendes anticipés. Sauvé et ses ouailles ont confiance que ce sera le cas.

«En ce moment, on est quatrième au monde dans les épreuves d'équipe. Donc, on n'a rien à perdre, a noté Marcotte. La cinquième équipe est loin derrière, tandis que les équipes de deuxième et troisième places (l'Espagne et la Chine) sont très près de nous. Donc, notre stratégie, c'est d'arriver avec une nouvelle routine, que personne n'a jamais vue, pour que les juges tombent à terre et que le public ait du plaisir. On y va le tout pour le tout.»

«Pour monter sur un podium, il faut innover, il faut faire autre chose, a fait remarquer Julie Sauvé. J'espère que les juges vont être capables de reconnaître ce qu'on est en train de faire.»

Marcotte est d'avis que oui.

«On sent que tout le monde autour de nous a hâte de voir ce qu'on fera. On sent une espèce de fébrilité, a dit Marcotte, qui ne craint pas que tous les efforts des derniers mois ne s'avéreront qu'un coup d'épée dans l'eau. On est resté dans des choses que les gens aiment voir. Il va y avoir de nouvelles poussées acrobatiques, des mouvements plus recherchés et de nouvelles figures attachées, et les gens sont toujours contents de voir quelque chose de nouveau, parce qu'ils sont plutôt habitués à voir les mêmes gestes d'une compétition à l'autre.»

Le camp de plus d'un mois à Torremolinos, au sud de l'Espagne aux abords de la Méditerranée, a eu l'effet escompté, selon Welsh.

«Au début, il y avait plus d'erreurs et de corrections à faire. Mais depuis deux semaines c'est quasiment parfait, a-t-elle indiqué. C'est devenu davantage un effort de précision et de constance depuis ce temps. Comme Julie nous l'a dit, ce ne sont plus des erreurs majeures, ni des erreurs mineures, mais vraiment des erreurs 'minus'. On en est rendues là.»

«Il y a vraiment une constance qui s'est établie, a souligné Boudreau-Gagnon. C'est très bon signe, en nage synchronisée, quand on réussit à reproduire à peu près la même chose, jour après jour.»

«Au début (du camp) on a ajouté des endroits où on peut davantage briller en hauteur, de la vitesse, et plus de mouvements en angle aussi, a dit Marcotte. Et ensuite, on a peaufiné et peaufiné. Dans la semaine qui nous reste, il s'agira simplement de mettre un peu plus de brillant là-dessus.»

«Ça fait longtemps qu'on travaille sur ces routines-là, ce sont des programmes vraiment exceptionnels et on ressent un sentiment de confiance. C'est vraiment la confiance qui règne au sein de l'équipe, présentement», a résumé Welsh, qui portait une botte de protection au pied gauche, vendredi, en raison d'une légère fracture subie en chutant à l'occasion d'une entrée à l'eau.

«C'est douloureux mais ce n'est rien qui va affecter ma performance, a-t-elle assuré. Je me suis entraînée (vendredi) matin avec les filles. Je n'ai pas eu à prendre d'antidouleurs et tout devrait rentrer dans l'ordre pour la compétition. En fait, je me sens bien dans l'eau, parce que je ne ressens pas de pression étant donné que je n'ai pas à mettre de poids sur mon pied.»

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