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Alep: les USA "très inquiets" mais réfutent la comparaison avec la Libye

27/07/2012 01:43 EDT | Actualisé 26/09/2012 05:12 EDT

Les Etats-Unis se sont dits à nouveau "très inquiets" de la situation à Alep (Syrie) où l'armée préparait une offensive dévisive contre les rebelles, mais ont réfuté toute comparaison avec le cas de Benghazi qui avait provoqué une intervention internationale en 2011 en Libye.

"Nous sommes très inquiets au sujet de la situation à Alep", a expliqué le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, en condamnant "l'agression haïssable et répréhensible des forces (du président) Assad contre ce centre de population civile"

"Le genre d'armements qu'ils utilisent contre des civils sans armes démontre la perversité dans laquelle Assad a sombré", a ajouté M. Carney lors de son point de presse quotidien, reprenant une expression qu'il emploie depuis plusieurs jours.

M. Carney était interrogé sur la similarité de la situation entre Alep et Benghazi, qui en mars 2011 était également une place forte rebelle au sein d'un pays arabe en proie à un conflit ouvert.

La menace du régime du colonel Mouammar Kadhafi de lancer une offensive imminente d'envergure des forces loyalistes contre Benghazi avait été invoquée par une coalition internationale - dont les Etats-Unis - pour intervenir militairement en Libye afin de faire respecter une zone d'exclusion aérienne.

"Il existait un éventail plus large de données qui ont permis à la communauté internationale, les Etats-Unis en tête, de prendre ce genre de mesures en Libye", a expliqué M. Carney.

"L'assaut était imminent. Il y avait un appel de l'opposition unifiée à la communauté internationale pour qu'elle agisse. Il y avait un consensus international, tant au niveau du Conseil de sécurité des Nations unies qu'au niveau régional, avec la Ligue arabe", a énuméré M. Carney.

"Ce n'est pas le cas" en ce qui concerne la Syrie, a ajouté le porte-parole. "Nous avons été très clairs dans l'expression de notre déception vis-à-vis des Russes et des Chinois sur le fait qu'ils ont opposé trois fois leur veto aux Nations unies", a-t-il regretté.

Plusieurs quartiers d'Alep étaient mitraillés vendredi par les hélicoptères des forces du régime syrien, désormais "quasiment au complet" en vue d'un assaut décisif contre les rebelles dans la deuxième ville de Syrie.

De leur côté, les sénateurs républicains John McCain, Lindsey Graham et leur collègue indépendant Joe Lieberman, n'ont pas hésité à comparer la situation d'Alep à celle de Benghazi.

Les sénateurs ont rappelé dans un communiqué qu'à Benghazi, "les Etats-Unis et (leurs) alliés sont intervenus, évitant un massacre et aidant les Libyens à conquérir leur liberté".

"Il n'est pas trop tard pour les Etats-Unis de faire la différence" en Syrie, ont ajouté les élus qui ont déploré que malgré les "inquiétudes" exprimées par le département d'Etat, Washington n'a pris aucune mesure pour "arrêter la machine à tuer de Bachar al-Assad".

Les élus ont rappelé que, selon eux, les Etats-Unis et leurs alliés devaient aider l'opposition syrienne en lui fournissant des armes et du renseignement, et en mettant en place une zone d'exclusion aérienne.

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