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La nageuse Stéphanie Horner est fière de ses racines francophones

26/07/2012 01:26 EDT | Actualisé 25/09/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Elle s'appelle Horner, le nom de famille de sa mère est Felx, elle est née à Bathurst, au Nouveau-Brunswick, et s'entraîne à Victoria, en Colombie-Britannique. Mais elle se considère comme une Québécoise pure laine.

La nageuse olympique Stéphanie Horner tient à ce qu'on écrive son prénom avec un accent aigu!

«Mes parents sont francophones malgré leur nom à consonance anglophone, toute ma famille vient de Montréal, mes grands-parents demeurent ici. Je suis fière de mes racines francos, affirme-t-elle. J'adore le sens de l'humour des Québécois. Je trouve qu'on a plus de `pep' dans le soulier…»

Après avoir quitté en très bas âge Bathurst, où le paternel travaillait, la famille Horner a déménagé à Shawinigan, en Mauricie, avant de s'établir à Beaconsfield en pleine crise du verglas en 1998.

C'est à Beaconsfield, à l'ouest de l'Ile de Montréal, que Horner a rapidement gravi les échelons en natation. En 2008, à l'âge de 19 ans seulement, elle s'est qualifiée aux Jeux olympiques de Pékin, où elle a terminé 11e à l'épreuve de 400 mètres libre. Elle a de plus fait partie du relais 4 x 200m libre qui a pris le 10e rang.

Durs lendemains

Quatre ans plus tard, après avoir connu des lendemains de veille difficiles, elle est simplement heureuse d'avoir obtenu son laissez-passer pour Londres l'été prochain, au 400m quatre nages individuel.

Elle n'aurait pas parié sur ses chances, il y a quelques années, au moment où elle broyait du noir aux États-Unis.

Suivant la recommandation de son entraîneur américain, Paul Bergen, avant qu'il ne parte à la retraite, Horner a décidé de s'expatrier en Alabama, à l'Université Auburn.

«Les deux années que j'ai passées aux États-Unis ont affecté ma progression, aucun doute, admet-elle. Je n'étais pas à l'aise là-bas, l'encadrement ne me convenait pas. L'expérience a été négative, mais m'a permis d'apprendre énormément sur moi ainsi que plein de trucs de la vie. Je me dis que toutes choses arrivent pour une raison. Même si ça n'a pas bien été, j'ai réalisé que j'aimais vraiment la natation.»

Son retour au pays, ainsi que son association avec l'entraîneur Randy Bennett de Victoria, ont relancé sa carrière tout juste avant les Mondiaux de 2011. Elle connaissait très bien Bennett puisqu'il l'avait dirigée à la place de Bergen, aux JO de Pékin. Les retrouvailles avec l'entraîneur de Ryan Cochrane, seul nageur canadien médaillé en Chine, lui ont permis de retrouver ses repères et sa confiance.

Horner s'est présentée aux essais de Montréal, en mars, plus motivée que jamais de mériter une place au sein de l'équipe canadienne.

«Le gros du stress je le ressens lors de la compétition de sélection, dit-elle, parce que rendue aux Jeux olympiques, j'ai vraiment du plaisir et je livre de meilleures performances. C'est ce qui s'est passé en 2008, en tout cas.»

Horner, l'aînée d'une famille de trois enfants à l'âge de 23 ans, espère que le scénario se répétera en Angleterre.

«Compte tenu du cycle olympique difficile que je viens de connaître, l'objectif était uniquement une qualification pour Londres. Maintenant que c'est chose faite, je viserai de prendre part à la finale. Je pense que c'est faisable. Mon entraîneur le pense aussi. Nous bénéficions d'un super encadrement de Natation Canada.»

Elle a également l'avantage de bien savoir à quoi s'attendre de l'expérience olympique.

«Je sais comment ça fonctionne, avec le village des athlètes et tout ce qui entoure les Jeux, souligne-t-elle. En Chine, ç'avait été capotant. J'avais adoré. Sur le plan compétitif, tous les athlètes sont au sommet de leur forme.»

L'épreuve de 400 mètres quatre nages n'a jamais été une de ses préférées. Elle l'a apprivoisée au fil des ans.

«Au début je détestais cette course et je refusais de la nager, se confesse-t-elle. Il n'y avait pas de raisons précises. C'était surtout parce que j'avais de la misère avec les enchaînements de styles, je crois. Maintenant, j'aime le défi que représente la course. J'ai toujours aimé les styles papillon et dos. La brasse, je n'ai jamais été super bonne, mais j'y travaille fort.»

Une passionnée...

Horner se qualifie de passionnée et d'éternelle optimiste. Elle a fait sienne la maxime «faite ce que vous aimez et aimez ce que vous faites…»

«J'aime la vie. Je mors dedans à pleines dents, dit-elle. J'aime ma famille, les gens qui travaillent forts, et j'aime beaucoup apprendre. J'aime le monde positif, qui prend les choses du bon côté. Ce sont les valeurs que mes parents m'ont inculquées.»

L'étudiante en administration se voit brasser des affaires après qu'elle accrochera son maillot, «mais pas après Londres».

«Après ma carrière d'athlète, je serai une femme d'affaires. Je me vois quitter la maison le matin avec ma petite jupe et mes talons hauts, aller au gymnase sur l'heure du lunch, gérer ma propre entreprise.»

En attendant, à Londres, elle pourra miser sur le soutien de plusieurs membres de sa famille. Sa sœur Christine pourra assouvir sa passion pour la royauté britannique. Stéphanie, elle, s'est jurée de ne pas laisser filer l'occasion de saluer le prince William, si elle se présentait.

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