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La bataille fait rage à Alep, enjeu décisif dans le conflit en Syrie

26/07/2012 03:21 EDT | Actualisé 24/09/2012 05:12 EDT

La bataille fait rage jeudi dans plusieurs secteurs d'Alep, deuxième ville de Syrie devenue un enjeu décisif dans le conflit entre rebelles et forces gouvernementales qui s'opposent dans des violences meurtrières depuis plus de 16 mois.

A Damas, des affrontements ont éclaté dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, selon des militants et des témoins.

Les violences ont fait mercredi 143 morts à travers le pays --75 civils, 41 soldats et 27 rebelles-- selon un nouveau bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui effectue un décompte quotidien des victimes.

A Alep, capitale du Nord et poumon économique du pays, des affrontements se sont déroulés dans plusieurs quartiers du sud de la ville, au lendemain de combats ayant fait 15 morts civils dans la ville.

Malgré les violences, des manifestations nocturnes se sont produites dans plusieurs quartiers pour appeler au départ du président Bachar al-Assad, selon l'OSDH.

Les forces régulières et l'Armée syrienne libre (ASL, composée de déserteurs et de civils ayant pris les armes) avaient acheminé mercredi des troupes vers Alep, où se joue désormais une bataille décisive entre les opposants et le régime.

Si Alep tombe, "le régime est fini et les deux adversaires le savent", a estimé mercredi Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH.

Selon un correspondant de l'AFP, le commissariat de police du quartier Chaar, dans l'est de la ville, était criblé d'obus, les locaux portant des traces d'incendie. Les combattants de l'ASL ont encerclé et se sont emparés mercredi du commissariat, arrêtant des policiers, certains blessés, et tuant d'autres, dont au moins deux gisaient au sol.

Un camion chargé de cartons portant les inscriptions en arabe "masques à gaz" a d'autre part été vu devant une base des rebelles dans Alep, selon ce correspondant.

Damas avait reconnu lundi pour la première fois posséder des armes chimiques, affirmant qu'elles ne seraient jamais employées contre la population mais menaçant de les utiliser en cas d'intervention militaire étrangère.

"Affrontements dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk"

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A Damas, où les forces régulières semblaient avoir rétabli leur contrôle sur la plupart des quartiers, des affrontements ont éclaté jeudi dans le camp palestinien de Yarmouk (sud), selon des habitants et les Comités de coordination populaire (LCC).

"Les combats aux roquettes antichars et à la mitrailleuse ont éclaté vers 07H00 (04H00 GMT). Je ne peux pas sortir de chez moi", a déclaré un habitant joint au téléphone par l'AFP.

Des détonations étaient entendues dans le quartier de Hajar al-Aswad et un témoin a affirmé avoir vu des chars se diriger vers ce quartier périphérique proche du camp de Yarmouk.

Selon l'OSDH, les corps de 14 personnes ont été découverts dans le quartier de Qaboun, dont l'armée régulière a repris le contrôle au cours des derniers jours.

Des violences ont également été signalées dans la province de Deir Ezzor (est) et dans la ville de Hama (centre), selon l'OSDH.

Sur le plan diplomatique, l'Arabie saoudite va proposer dans les prochains jours à l'Assemblée générale de l'ONU d'adopter une résolution qui fera référence à la menace de Damas d'utiliser ses armes chimiques en cas d'intervention étrangère, selon l'ambassadeur saoudien à l'ONU.

Cette initiative de l'Arabie saoudite --qui soutient l'opposition syrienne comme d'autres pays du Golfe-- fait suite à l'échec jeudi dernier au Conseil de sécurité d'une résolution occidentale menaçant Damas de sanctions.

La Russie, partenaire de longue date du régime syrien, avait bloqué, pour la troisième fois et aux côtés de la Chine, cette résolution.

A Damas, le ministère des Affaires étrangères syrien a confirmé les défections de trois diplomates: la chargée d'affaires à Chypre, Lamia Hariri, son mari, l'ambassadeur aux Emirats arabes unis Abdel Latif al-Dabbagh, et l'attaché de sécurité à l'ambassade de Syrie dans le sultanat d'Oman, Mohammad Tahsine al-Faqir.

Il a minimisé leur importance et a accusé implicitement le Qatar de les encourager.

Le 12 juillet, l'ambassadeur de Syrie à Bagdad, Nawaf Farès, avait déjà abandonné le régime

Sur le plan politique, le général dissident syrien Manaf Tlass a indiqué qu'il préparait une feuille de route pour une sortie de crise impliquant d'"honnêtes" gens au sein du régime mais sans Bachar al-Assad, dans un entretien publié jeudi par le quotidien arabe Asharq Al-Awsat.

Il a souhaité l'aide de l'Arabie saoudite et d'autres pays de la région à l'élaboration de la feuille de route.

Par ailleurs, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a accusé le régime de Damas d'avoir "confié" plusieurs zones du nord de la Syrie au PKK et a prévenu que la Turquie pourrait exercer son droit de poursuite par-delà la frontière syrienne après une action des rebelles kurdes en territoire turc.

Plus de 19.000 personnes ont perdu la vie depuis le début en mars 2011 d'un mouvement de contestation du régime qui s'est militarisé au fil des mois.

bur-sw/feb

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