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JO-2012 - La City descend dans la rue pour la flamme olympique

26/07/2012 12:49 EDT | Actualisé 25/09/2012 05:12 EDT

En stilettos et petite robe noire, ou en cravate et manchettes argentées, les banquiers de la City ont pris une pause pour assister au passage de la flamme olympique dans le quartier londonien des affaires jeudi, à la veille de l'ouverture officielle des JO.

"Tout le bureau est là. Et ce n'est pas une mince affaire vu ce qu'on bosse !", explique Ryan, 20 ans, pantalon sombre, cravate rose et chemise aux rayures délicates. "Il reste seulement un malchanceux au bureau pour répondre au téléphone !"

"Notre boss nous a encouragés à profiter de l'ambiance festive", ajoute Rachel, qui se donne toutes les chances de voir le porteur de la flamme, perchée sur ses talons.

Des centaines de cols blancs, souvent au visage poupin, sont massés devant le parterre de la cathédrale Saint-Paul. D'autres sont penchés aux fenêtres de leurs bureaux, agitant des petits drapeaux de l'Union Jack.

Une foule qui contraste avec le public qui a suivi depuis plus de deux mois le parcours de la flamme dans tout le pays, souvent des familles enthousiastes.

Au total, des millions de personnes se sont massées pour voir passer l'emblème des JO, qui a parcouru près de 13.000 km aux mains de 8.000 porteurs. Jeudi, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon figurait au nombre des porteurs. De même que l'homme d'affaires indien Lakshmi Mittal, patron d'ArcelorMittal. Un choix qui a suscité la polémique en Belgique et en France où le groupe numéro 1 mondial de la sidérurgie a décidé de réduire ses activités.

Une clameur se lève de la foule. Rachel et ses collègues, en jupe étroite ou robe stricte, lancent des cris perçants. En survêtement blanc, le porteur de la flamme, Kevin Craig, arrive sur les marches de la cathédrale avant de passer le relais à John Elbrow, impliqué dans le milieu associatif.

La petite cérémonie dure quelques secondes, sous les applaudissements nourris de la City, qui couvrent un petit groupe jazzy. Puis dispersion rapide de la foule, direction le bureau.

En route, Rachel consulte ses clichés. "Il y a tellement de mains sur mes photos ! Mais bon, je suis contente de ma journée."

"A Saint-Paul, on parle beaucoup de paix", et le passage de la flamme "est une occasion de rassembler la nation entière", se réjouit l'un des chanoines de la cathédrale, Michael Hampel, soutane noire et boutons rubis.

"C'était un privilège" de porter la flamme, confie Kevin Craig, représentant l'organisation Elizabeth's Legacy of Hope, qui fournit des prothèses aux enfants du Tiers-Monde. "J'étais un peu nerveux. Il ne faut pas tomber", poursuit-il, en saluant amis et parents venus le féliciter.

A quelques centaines de mètres de là, la flamme s'apprête à franchir le pont du Millénaire qui enjambe la Tamise et rejoint le musée de la Tate Modern. Des membres de l'Armée du salut en profitent pour faire du prosélytisme.

"Et la lumière fut, l'attente est finie", titre une édition spéciale du journal de l'organisation que des membres de l'Armée du salut distribuent à tour de main aux banquiers et touristes amassés à proximité des berges.

Radieux, le joueur de basket Ade Adepitan, médaillé aux Jeux paralympiques d'Athènes en 2004, s'élance sur le pont, qui lui appartient pour quelques minutes. Il emporte avec lui, sur l'autre rive de la Tamise, la flamme fixée sur son fauteuil.

Un étudiant sud-coréen accourt essoufflé, appareil photo en main. "Mince, j'ai raté la flamme. Mon train était bloqué", explique dépité Yang Woojoo, confronté comme de nombreux Londoniens à de fortes perturbations dans les transports de la capitale.

bed/dh/jr

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