MONTRÉAL - Confiants quant à la qualité de leur événement proposé pour une 14e fois en 2012, les organisateurs du MEG (programmation concentrée sur la musique urbaine et électronique, avec parfois du matériel rock) ont décidé cette année d'augmenter le plaisir des amateurs en ajoutant un second long week-end au festival qui se tiendra cette fois-ci du 26 au 5 août.

Comme si ce n'était suffisant, le MEG revient à la charge avec sa contribution dans MMOI (Meg Montreal Osheaga International), sorte d'événement de réseautage pour les professionnels du milieu de la création musicale internationale et locale.

« L'an dernier, nous avions de nombreux shows offerts en même temps. Cette année, on a opté pour autant d'artistes, mais présentés sur une plus longue période. Je pense que c'est beaucoup mieux. En plus, cela sert d'introduction au MMOI (explication plus loin dans le texte) », explique en entrevue Mustapha Terki, cofondateur et directeur général du festival MEG.

Ainsi, le travail de quelque 70 artistes sera offert durant deux semaines dans différentes salles de Montréal.

« La soirée Club Meg, ce vendredi au Belmont, est à ne pas manquer. Les D.J. Canblaster, Sam Tiba et Beataucue font partie de la nouvelle garde française », raconte-t-il. « Je pense aussi à Gesaffelstein, qui sera du programme Electromania, le 5 août, au Club Soda. Il est énorme. »

Le directeur du Meg attire par ailleurs l'attention sur le spectacle d'ouverture, ce jeudi soir, qui mettra notamment à l'affiche de la Sala Rossa le groupe montréalais Monogrenade (qui a reçu un bel accueil en France) et le trio torontois The Balconies (rock alternatif).

« On ne peut passer sous silence l'improbable rencontre entre les influences autochtones canadiennes et marocaines avec A Tribe Called Red (Canada) puis Foulane et D.J. Mood (Maroc). Ils seront sur la place des Festivals au centre-ville pour un concert gratuit le 3 août », souligne M. Terki.

Pour ce qui est de l'indémodable Meg Boat, il glissera de nouveau dans la nuit fluviale aux rythmes des D.J. Jesse Rose (Royaume-Uni), Breakbot et Christine (France), puis Vilify et Noyl (Canada). Départ du quai Alexandra dans le Vieux-Montréal le 4 août, à 23h.


Le mariage avec Osheaga

Pour une troisième année, les équipes montréalaises des festivals de musique Osheaga (gros événement musical et artistique initié en 2006 dont le volet extérieur très varié se déroule au parc Jean-Drapeau de l'Île Sainte-Hélène) et MEG ont allié leurs forces pour provoquer rencontres et échanges entre les professionnels de l'industrie qui participeront de toute manière aux deux événements, dont quelques dates coïncident au mois d'août.

La puissante organisation d'Evenko qui produit plusieurs dizaines de spectacles à Montréal durant l'année dans diverses salles a voulu non seulement miser sur l'éclectisme de la programmation de son festival Osheaga (106 artistes et/ou groupes invités), mais aussi sur les atouts du MEG - forte présence d'Européens dans son programme, expérience festivalière, spécialisation dans l'univers électronique - afin de créer un rendez-vous « convivial d'activités non guindées ».

« L'idée est de partager les ressources et d'allier nos forces pour structurer la venue des professionnels (gérants, agents, programmateurs, journalistes, représentants de maisons de disque ou de festival et même étudiants dans le domaine) qui sont déjà à Montréal durant les deux festivals. Nous en profitons pour créer une dynamique de partage et de réseautage qui mène à la naissance de certains partenariats vraiment intéressants. C'est une plus-value pertinente à ces deux événements d'importance à Montréal », affirme Évelyne Côté, programmatrice d'Osheaga et directrice du projet MMOI.

« Les années précédentes, nous avions proposé des conférences et autres formes d'ateliers. En 2012, nous avons décidé de nous concentrer sur l'organisation de sympathiques rendez-vous (cocktail SOCAN, party VIP du Canadian independent music association et le brunch MMOI) pour favoriser les rencontres », poursuit-elle.

« On a aussi des invités spécifiques qui peuvent venir présenter leur organisation et ainsi créer de nouvelles collaborations », enchaîne Mustapha Terki. « Leur expérience dans le milieu est également partagée. Je pense aux responsables du MaMA (important rendez-vous international des professionnels de la musique populaire ayant lieu à Paris) qui seront présents au MMOI. Il y aura aussi des gens de Live Nation, The Windish Agency (promoteur et producteur de tournées) et de l'organisation IOMMA (basée à l'Île de la Réunion), qui travail sur le marché des musiques de l'océan Indien. Les promoteurs d'ici et d'ailleurs pourront donc jaser avec eux et peut-être développer des idées et des partenariats. »



Dix artistes ou groupes à l'honneur

« La grande nouveauté dont nous sommes assez fiers cette année est la double plateforme (MEG et Osheaga) de concerts (showcases) offerts à dix artistes ou formations que nous estimons prêts à se développer davantage sur le circuit des tournées internationales », ajoute Évelyne Côté.

« Pour eux, on a accentué les efforts de promotion, en plus de faire valoir aux professionnels notre appréciation à leur égard. Du Canada, on pense à la jeune artiste (de la Colombie-Britannique mais d'adoption montréalaise) de folk-rock Kandle, ou encore à Propofol. Pour ce qui est des artistes étrangers, nous avons entre autres retenu le duo français électro Christine le groupe australien The Jezabels. »

On invite à la fois le public et les professionnels à assister à ces concerts qui se tiendront au Divan Orange, à la Sala Rossa et au Belmont.

Le MMOI aura lieu du 2 au 5 août, en plein cœur des festivals MEG et Osheaga.