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Congo: l'armée et l'ONU affrontent les rebelles près du parc des Virunga

26/07/2012 04:14 EDT | Actualisé 25/09/2012 05:12 EDT

KINSHASA, République Démocratique Du Congo - L'armée congolaise, appuyée par des hélicoptères de combat de l'ONU, a affronté les rebelles du M23 jeudi autour d'une garnison stratégique située près d'une réserve de gorilles dans l'est de la République démocratique du Congo, alors que des milliers de personnes continuaient de fuir la région.

Radio Okapi, la radio des Nations unies au Congo, a annoncé que les rebelles avaient commencé jeudi à attaquer le camp militaire de Rumangabo, que les soldats congolais ont repris aux rebelles mercredi. Le camp est situé à un kilomètre du quartier général du Parc national des Virunga, dont les gardiens ont été forcés de fuir à cause des combats.

Le Parc national des Virunga abrite le quart des quelque 800 gorilles des montagnes qui restent dans le monde.

Selon Radio Okapi, les rebelles contrôlent toujours la ville de Rutshuru et la localité voisine de Kiwanja, et des milliers de civils ont fui la région.

D'après plusieurs agences de l'ONU, au moins 260 000 civils ont été déplacés par le conflit au cours des derniers mois. Certains ont trouvé refuge en Ouganda et au Rwanda, tandis que d'autres se sont dirigés vers la capitale provinciale, Goma.

Un porte-parole de l'armée congolaise, le major Olivier Hamuli, a déclaré que les soldats s'étaient retirés de Rutshuru pour éviter «un bain de sang» de civils.

«Actuellement, les opérations au front se déroulent bien», a-t-il dit lors d'une entrevue téléphonique menée mercredi soir. Le major Hamuli a précisé que l'armée avait repris le contrôle de plusieurs villages mercredi soir, dont Bukima, qu'il a décrit comme un centre d'entraînement des jeunes recrues des rebelles.

Mercredi, un porte-parole des Nations unies a expliqué l'utilisation d'hélicoptères de combat par la mission de l'ONU au Congo (MONUSCO) afin de soutenir les troupes congolaises qui combattent les rebelles.

Le commandant Thibaut De Lacoste a affirmé que les hélicoptères servaient d'abord et avant tout à faire des démonstrations de force.

Les hélicoptères commencent par survoler les positions des rebelles à basse altitude pour leur signifier qu'ils sont sous surveillance, a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse à Kinshasa.

Les hélicoptères tirent ensuite des fusées éclairantes en signe d'avertissement. À leur troisième passage, les casques bleus de l'ONU peuvent faire usage de munitions réelles, a dit le commandant De Lacoste, afin d'avertir les rebelles qu'ils peuvent être visés par les tirs «s'ils franchissent la ligne rouge».

Jeudi, les rebelles se sont approchés à 25 kilomètres de Goma en affrontant les soldats à Kibumba. Des milliers de personnes qui s'étaient réfugiées dans cette localité après la rébellion de 2009 ont été forcées de fuir.

Les rebelles sont accusés de multiples violations des droits de la personne, notamment des viols et le recrutement forcé d'enfants soldats. Des soldats de l'armée congolaise ont aussi été accusés de viols et de pillages.

Le Rwanda, qui nie catégoriquement être lié aux rebelles malgré un rapport de l'ONU qui affirme le contraire, accuse les soldats congolais de maltraiter les ressortissants rwandais au Congo. Le Rwanda a notamment accusé le Congo, jeudi, d'avoir torturé à mort un Rwandais détenu dans une base militaire congolaise.

«C'est un incident extrêmement sérieux. Nous avons la confirmation que l'un de nos Rwandais est mort torturé», a écrit la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, sur le site Internet de son ministère. «Nous avons demandé au gouvernement du Congo de s'assurer que les mauvais traitements contre les citoyens rwandais cessent immédiatement.»

Plusieurs ressortissants rwandais ont été agressés au Congo depuis la publication du rapport de l'ONU le mois dernier. Les auteurs du rapport affirment détenir plusieurs preuves de l'implication de l'armée rwandaise dans la création et l'armement du groupe rebelle M23. Des troupes rwandaises auraient été envoyées au Congo pour soutenir les rebelles contre l'armée congolaise.

Les insurgés du M23 sont d'anciens rebelles appuyés par le Rwanda qui ont été intégrés à l'armée congolaise en vertu d'un accord de paix signé en 2009. Ils ont commencé à déserter l'armée en avril, en affirmant que l'accord n'avait pas été respecté.

Le M23 serait dirigé par Bosco Ntaganda, recherché par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité en 2002-2003 dans la région des Kivus, au Congo.

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