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Afrique du Sud: un extrémiste blanc reconnu coupable de haute trahison

26/07/2012 12:23 EDT | Actualisé 25/09/2012 05:12 EDT

Le leader d'un groupe sud-africain militant pour la suprématie de la "race blanche", accusé d'avoir cherché à tuer Nelson Mandela et renverser le gouvernement par une série d'attentats, a été reconnu jeudi coupable de haute trahison.

Mike du Toit est la première personne reconnue coupable de haute trahison dans l'Afrique du Sud post-apartheid, un crime qui était autrefois puni de la peine de mort (abolie en 1997). Sa peine sera annoncée ultérieurement.

Le jugement conclut un procès fleuve commencé il y a neuf ans devant la Haute Cour de Pretoria, suite à une série d'attentats en 2002.

La lecture du verdict a commencé lundi et doit encore durer plusieurs semaines, 19 autres militants extrémistes étant accusés avec du Toit d'assassinat, de terrorisme et/ou de haute trahison.

Les accusés appartenaient au Boeremag ("force boere", en afrikaans), un groupuscule d'extrême-droite qui avait notamment prévu un attentat le jour où Nelson Mandela, premier président noir du pays (1994-1999), devait inaugurer une école dans le nord en octobre 2002.

Le groupe est à l'origine de neuf attentats qui ont fait un mort et plusieurs dizaines de blessés à Soweto en octobre 2002.

Avec l'assassinat planifié du héros de la lutte anti-apartheid et d'autres attentats, le groupe voulait provoquer la colère de la communauté noire et semer le chaos afin de fomenter un coup d'Etat dans la nouvelle Afrique du Sud, démocratique depuis l'abolition du régime raciste en 1994.

Le procès entamé en mars 2003 a parfois donné lieu à d'étranges témoignages. L'un des suspects a ainsi déclaré que le groupe avait envisagé d'attaquer une manufacture nationale d'armes à Pretoria afin d'en faire une "usine à bébés" où des femmes blanches, inséminées avec le sperme d'hommes blancs, auraient été retenues jusqu'à leur accouchement.

En 2006, deux des accusés se sont évadés de la Haute Cour de Pretoria, mais ont été repris ensuite. Deux autres sont décédés depuis le début du procès.

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